Accompagner la vie. 12 raisons pour refuser l’euthanasie – Paroisse de Rochefort (17)

Accompagner la vie. 12 raisons pour refuser l’euthanasie

La période de la Toussaint est l’occasion choisie par 175 associations de bénévoles,  engagées en France dans l’accompagnement des personnes en fin de vie pour proclamer 12 raisons d’accompagner la vie et  de refuser l’euthanasie.

L’Association pour le développement des Soins Palliatifs de Charente-Maritime – ASP 17 – s’est jointe à ce collectif.

1 – Vivre dans la dignité, jusqu’au bout de sa vie

La vie de toute personne, quel que soit son état de santé, doit être respectée. Même dans les situations difficiles, les équipes de soins palliatifs mettent cœur et compétence au service des patients. Le progrès médical permet d’accompagner chaque personne jusqu’à sa mort naturelle..

2 – La loi doit protéger les plus fragiles

Le recours volontaire à l’euthanasie, ou au suicide, surtout s’il requiert une tierce personne, ne saurait être légalisé, ni, bien sûr,  imposé au personnel soignant. Les personnes en situation de grande faiblesse : troubles psychiques, dépression, vieillesse avancée, ou soumises à des pressions familiales, sociales, médicales, doivent être protégées et soutenues. Tuer est inhumain, quelle qu’en soit la raison, d’autant plus que toute erreur en la matière est irrécupérable.

3 – L’interdiction de tuer structure notre civilisation

Légaliser l’euthanasie revient à transgresser l’interdit fondateur de toute société : celui de tuer. Le principe de précaution interdit  « de tuer de temps en temps » ou « sous certaines conditions ». Notre civilisation ne peut se maintenir qu’ en maintenant l’interdit  de tuer, quelle qu’en soit la cause: vengeance, duels, condamnation judiciaire. Légaliser l’euthanasie ou le suicide assisté serait une régression.

4 – Demander la mort ne veut pas dire qu’on veut réellement mourir

Très peu de patients disent vouloir mourir et beaucoup changent d’avis  lorsqu’ils  sont correctement soulagés et accompagnés. Demander la mort signifie souvent  bien autre chose que la volonté de mourir;  le refus, ou la peur  de vivre dans des conditions difficiles en sont de bons exemples. Demander la mort parce qu’on souffre trop, est humain,  faut-il pour autant que l’entourage y consente sans avoir tout tenté pour soulager l’intéressé ? Les soins palliatifs permettent de sauvegarder la liberté du patient en fin de vie en prenant en charge sa souffrance physique et psychique. De façon ultime, la loi française permet au patient de demander l’arrêt des traitements de maintien en vie et la mise en place d’une sédation dite “profonde et continue jusqu’au décès”. Il faut néanmoins reconnaître que cette formulation est ambiguë.

5 – La fin de vie reste la vie. Nul ne peut savoir ce que ses derniers jours  lui réserveront

Même dans ces moments difficiles, des patients disent vivre des moments essentiels, certains découvrent que la vraie bonté existe. D’autres font leurs adieux, ou accordent des pardons inattendus à leurs proches. Accélérer la mort, interdira ces ultimes moments d’humanité.

6 Dépénaliser l’euthanasie,  risque d’obliger chaque famille et chaque patient à l’envisager

Faudra-t-il, face à une situation de souffrance, s’ interroger sur l’opportunité d’en finir, pour soi-même ou pour un proche ? Face à un diagnostic redouté la piqûre fatale doit-elle être envisagée, ou bien, en situation de faiblesse, doit-on craindre que nos proches se posent la question pour nous ?

7 Les soignants sont là pour soigner, pas pour donner la mort

La vocation des soignants est de soigner. La relation de soin est une relation de confiance entre la personne malade et celle qui la soigne. Pour les soignants, donner la mort c’est trahir ce contrat de confiance et contredire le code de déontologie médicale. Les soignants doivent également refuser la tentation de la toute-puissance sur autrui, que ce soit par l’acharnement thérapeutique ou par l’euthanasie.

8 L’euthanasie réclamée par des médias ou des personnalités politiques est une demande de bien-portants, ce n’est pas la parole des patients en fin de vie

Dans le débat public et les sondages s’exprime une fraction de la société « prête » à légaliser l’euthanasie. Pourtant, personne ne peut se projeter dans sa fin de vie, ni savoir ce qu’il pensera et vivra alors. Les  personnes consultées sont des bien-portants alors que les personnes concernées sont en général incapables de donner leur avis.

9 – L’erreur en matière d’euthanasie est une erreur médicale sans retour

Les erreurs judiciaires dans les pays pratiquant la peine de mort font légitimement frémir. De même aucun patient ne reviendra d’une euthanasie. La famille pourra signaler une erreur de diagnostic, une ignorance des traitements existants ou une méconnaissance de la nature réelle de sa demande, mais pour tous il sera trop tard.

10 Légaliser l’euthanasie ce serait la banaliser sans éviter les dérives

L’expérience démontre que la légalisation ne fait que repousser les limites  vers des pratiques plus extrêmes. Après avoir légalisé l’euthanasie des patients en fin de vie, on en viendra  à celle des mineurs, puis des personnes atteintes de troubles mentaux, certains  l’envisagent déjà en France. Il a été constaté que les dérives sont nombreuses dans les pays qui ont légalisé l’euthanasie (ainsi les euthanasies clandestines sont-elles trois fois plus nombreuses en Belgique qu’en France).

11 Les soins palliatifs doivent être apportés à tous

Les soins palliatifs devraient être accessibles partout et pour tous. C’est un droit pour chaque patient. Actuellement, trop de patients n’ont pas accès aux soins palliatifs dont ils auraient besoin. Cela doit changer: la loi doit être appliquée.  La France a développé une voie spécifique qui sert de référence à d’autres pays, mais elle doit former davantage de soignants aux soins palliatifs.

12 Les soins palliatifs sont incompatibles avec l’euthanasie et le suicide assisté

Ces deux approches obéissent à deux philosophies radicalement différentes. La légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté repose sur une exigence d’autonomie. Les soins palliatifs, eux, associent l’autonomie de la personne à sa prise en charge par la solidarité collective. Les soins palliatifs préviennent et soulagent les souffrances alors que l’euthanasie anticipe la mort volontairement. Les soins palliatifs sont des traitements, l’euthanasie est un geste mortel, même si est invoquée une éventuelle compassion.

Quelques CHIFFRES pour la FRANCE

  • 157 Unités de soins palliatifs (USP)
  • 426 Équipes mobiles de soins palliatifs (EMSP)
  • 2 Équipes mobiles de soins palliatifs pédiatriques
  • 17 Équipes ressources régionales pédiatriques
  • 107 Réseaux de soins palliatifs
  • 122 Hospitalisation à Domicile (HAD)
  • 352 Associations de bénévoles
  • 5 057  Lits identifiés de soins palliatifs  (LISP) répartis dans 835 établissements (Source: Rapport de la Cour des Comptes 2012)

L’ ASP 17 est à votre disposition, n’hésitez pas à la contacter !

Tél : 05 46 45 51 02