1er mai, jour du muguet, mois de Marie.

Le 1er mai, c’est la fête du travail, le jour où l’on offre du muguet, et puis mai c’est le mois de Marie. Le connaît-on vraiment ?

 Le Mois de Marie.

Appelé mois de Marie, le mois de mai est le plus ancien et le plus connu des mois, à elle consacré.

Au 14ème siècle, le bienheureux  dominicain Henri Suso répandit l’habitude de tresser des couronnes pour les offrir à la Vierge, le 1er  mai.

Au 16ème siècle, saint Philippe Néri exhortait les familles à manifester leur affection pour Marie, en mai, au moyen des fleurs, si abondantes en ce mois.

En 1724, cette dévotion se généralisa, grâce au collège des Jésuites de Rome et à la publication par le père Jacolet s.j. du livret « Mensis Marianus – le mois de Marie ».

Le véritable essor de cette dévotion date de 1815 et de l’indulgence plénière que le pape Pie VII accordera aux fidèles honorant la Vierge en mai, se confessant, communiant et priant pour l’Eglise.

Cette jolie coutume se poursuit aujourd’hui avec le fleurissement des lieux de cultes mariaux, souvent très modestes, avec de petits bouquets, déposés par les enfants. Et, bien sûr, les pèlerinages mariaux.

Chantons Marie avec Youtube

 Et le muguet ?

Au Moyen-Age, le 1er mai était le jour où l’on fêtait le printemps.

La tradition d’offrir un brin de muguet le premier mai remonte à l’année 1561, quand le roi Charles IX décida d’en offrir à toutes les dames de la cour pour leur porter bonheur. Le summum étant d’offrir un brin portant treize clochettes !

La fibre sociale du 1er mai.

Cette date fut choisie, au 18ème siècle, pour être la date du renouvellement des baux ou des contrats de travail.

Au 19ème siècle, cette date fut symboliquement retenue pour être celle des grèves, notamment de celles revendiquant la journée de huit heures de travail, de ce fait elle devint la journée internationale des travailleurs.

Quel est le lien entre Marie, saint Joseph, la fête du travail et la traditionnelle vente de muguet ?

Dans le calendrier liturgique, le 1er mai a longtemps été la fête des saints Jacques et Philippe.

Soucieuse de défendre les travailleurs malmenés par la révolution industrielle et rendus vulnérables par la suppression des corporations ouvrières par la loi Le Chapelier de 1791, l’Eglise prit  la parole avec les encycliques Rerum Novarum du pape Léon XIII (1891) pour reconnaître le rôle des syndicats et la nécessaire collaboration entre les classes sociales, puis Quadragesimo Anno  du pape Pie XI, en 1931.

C’est le pape Pie XII qui instituera, en 1955, le 1er mai comme fête de saint Joseph artisan, afin de donner son exemple et sa protection aux travailleurs.

En effet, Marie et  Joseph, son époux charpentier, élèveront Jésus dans la prière, certes, mais aussi dans le travail, leur famille avait donc pour devise, « ora et labora ».

La sanctification de la vie quotidienne.

Le pape Jean-Paul II confirmera cette voie dans son encyclique Laborem exercens  de 1981.

Dans son exhortation Redemptoris Custos de 1989, il rendra hommage à saint Joseph :

Dans son atelier, avec Jésus, Joseph rendit le travail humain proche du mystère de la Rédemption. Le travail est « un bien de l’homme » qui « transforme la nature » et rend l’homme « en un certain sens, plus homme ». Le travail aide «tous les hommes à s’avancer grâce à lui vers Dieu, Créateur et Rédempteur, à participer à son plan de salut sur l’homme et le monde, et à approfondir dans leur vie l’amitié avec le Christ, en participant par la foi de manière vivante à sa triple mission de prêtre, de prophète et de roi ». La sanctification de la vie quotidienne est accessible à tous, à la suite de « Saint Joseph [est le] modèle des humbles, que le christianisme élève vers de grands destins ; il est la preuve que, pour être de bons et authentiques disciples du Christ, il n’y a pas besoin de « grandes choses » : il faut seulement des vertus communes, humaines, simples, mais vraies et authentiques ». (n. 22)

Application de la doctrine sociale de l’Église

La fête du 1er mai, « fête du travail », sublimée par le patronage de saint Joseph artisan, est également l’invitation faite aux chrétiens d’améliorer les conditions sociales et économiques, selon leurs possibilités, et à réfléchir à la répartition des richesses et du capital, dans le respect de l’environnement, selon les principes de la doctrine sociale de l’Église.