Centenaire de la canonisation de Jeanne d’Arc

Le 16 mai 2020 survenait le centenaire de la canonisation de Jeanne d’Arc, sainte patronne secondaire de la France (Marie étant la patronne principale).

Elle a été canonisée par le pape Benoit XV le 16 mai 1920.

À cette occasion 14 diocèses johanniques (vénérant spécialement  Jeanne) de France devaient se mobiliser pour donner de l’éclat à ce centenaire. Le Covid 19 a hélas entravé ce projet.

  • EXHORTATION APOSTOLIQUE « CHRISTUS VIVIT, 49.53» du PAPE FRANÇOIS,

«  Beaucoup de jeunes saints ont fait resplendir les traits de l’âge juvénile dans toute leur beauté et ont été, à leur époque, de véritables prophètes du changement ; leurs exemples nous montrent de quoi sont capables les jeunes quand ils s’ouvrent à la rencontre avec le Christ. […]

Sainte Jeanne d’Arc est née en 1412.  C’était une jeune paysanne qui, malgré son jeune âge, a lutté pour défendre la France contre les envahisseurs. Incomprise à cause de sa manière d’être et de vivre la foi, elle est morte sur le bûcher. »

L’itinéraire de Jeanne d’Arc a commencé en 1429 à Domrémy (où elle est née le 6 janvier 1412), il l’a conduite à Chinon vers le futur Charles VII, puis à Blois, où elle a séjourné trois ou quatre jours avant de partir délivrer Orléans.

C’est à Blois que Jeanne a obtenu le ralliement des chefs de guerre de l’armée royale.

C’est à Blois surtout, dans la collégiale Saint-Sauveur, qu’elle a fait bénir l’étendard blanc orné de fleurs de lys, du Christ-Roi, porteur de l’inscription « Jésus Maria » qu’elle avait fait confectionner à Tours – cet étendard qu’on lui reprochera, au cours du procès, d’avoir placé trop près du roi au cours du sacre à Reims, et dont elle dira : « Il avait été à la peine, c’était bien raison qu’il fût à l’honneur ».

La cérémonie de bénédiction eut lieu de bon matin près du château dans la collégiale Saint-Sauveur.

Jeanne était revêtue pour la première fois d’une armure, fabriquée à sa mesure à Tours.

Elle partit le jour suivant, en empruntant la rive droite, après avoir enjoint aux soldats de se confesser et de communier et fait expulser les « fillettes » (prostituées) qui accompagnaient les régiments.

En quittant Blois pour Orléans, Jeanne avait envoyé au duc de Bedford la lettre suivante :

« Jésus Maria. Roi d’Angleterre et vous duc de Bedford qui vous dites régent du royaume de France, vous Guillaume de la Poule, comte de Suffolk, Jean, sire de Talbot, et vous Thomas sire de Scales, qui vous dites lieutenant dudit duc de Bedford, faites raison au Roi du Ciel, rendez à la Pucelle qui est ici envoyée de par Dieu, le Roi du Ciel, les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en France… Elle est toute prête à faire la paix, si vous lui voulez faire raison… Et entre nous, archers, compagnons de guerre, nobles et autres qui êtes devant la ville d’Orléans, allez-vous en en votre pays de par Dieu… Roi d’Angleterre, si ainsi ne le faites, je suis chef de guerre et en quelque lieu que j’atteindrai vos gens en France, je les ferai aller, qu’ils le veuillent ou non. Et s’ils ne veulent obéir, je les ferai tous occire. Je suis envoyée de par Dieu, le Roi du Ciel, corps pour corps pour vous bouter hors de toute France. »

Aujourd’hui, à la place de l’église Saint-Sauveur détruite sous la Révolution, c’est une statue équestre qui fait mémoire de Jeanne à Blois : cette œuvre de l’Américaine Anna Hyatt Huntington, offerte par le mécène John Sanford Saltus fut inaugurée en 1921.

L’engagement de Jeanne d’Arc, morte à 19 ans, est très émouvant, sa réponse à l’appel de Dieu dans la vie de la cité est un exemple pour les jeunes d’aujourd’hui.

Même s’ils ne sont pas tous appelés au combat militaire, ils sont appelés à s’interroger sur leur manière de combattre pour la foi et de réussir leur vie.

Charles Péguy dans les « Châteaux de Loire », célébrait ainsi la fidélité de Jeanne:

  • Et moi j’en connais un dans les châteaux de Loire
  • Qui s’élève plus haut que le château de Blois,
  • Plus haut que la terrasse où les derniers Valois
  • Regardaient le soleil se coucher dans sa gloire.

 

  • Et c’est le souvenir qu’a laissé sur ces bords
  • Une enfant qui menait son cheval vers le fleuve.
  • Son âme était récente et sa cotte était neuve.
  • Innocente elle allait vers le plus grand des sorts.

 

  • Car celle qui venait du pays tourangeau,
  • C’était la même enfant qui quelques jours plus tard,
  • Gouvernant d’un seul mot le rustre et le soudard,
  • Descendait devers Meung ou montait vers Jargeau.

† Jean-Pierre Batut, évêque de Blois

Petite vidéo de Mgr Dominique Lebrun évêque de Rouen