L’Assomption de la Vierge Marie

Malgré la discrétion des Évangiles, les premiers chrétiens n’ont pas mis longtemps à comprendre la grande place qu’occupait Marie dans leur foi, malgré, ou peut-être en raison de, son effacement et son humilité. Une maman, que c’est grand ! Pour tout homme, et spécialement pour le Christ.

Ils ont rapidement voulu célébrer ses derniers moments, comme ils le faisaient pour honorer les saints. À cause du caractère unique de son existence, et en pensant au précédent d’Elie, emporté au ciel sur un char de feu ( Rois 2, 1-14), la conviction se répandit que Marie ne mourut point, mais qu’elle s « ‘endormit » – la Dormition – avant d’être élevée, corps et âme, au ciel par Dieu. Comme Il l’avait fait pour Elie, et à la suite de Jésus, monté aux cieux le jour de son Ascension.

La fête exprime cette conviction : chaque 15 août, les chrétiens célèbrent à la fois la mort, la résurrection, l’entrée au paradis et le couronnement de la Vierge Marie.

En 1950, le pape Pie XII estima utile de proposer une définition plus précise :: « La Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort ». La définition fait partie des dogmes de l’Église.

L’Assomption de Marie se situe dans le sillage de l’Ascension du Christ, mais elle en diffère.

On associe souvent l’Assomption de Marie avec l’Ascension du Christ ; de fait, les mots se ressemblent et il y a dans les deux cas une montée mystérieuse au ciel dans la gloire de Dieu.

Pourtant, « assomption » ne vient pas du verbe latin « ascendere » (monter, s’élever), qui a donné « Ascension », mais d’« assumere » (assumer, enlever). L’étymologie souligne l’initiative divine : Marie ne s’élève pas toute seule vers le ciel, c’est Dieu qui fait le choix de l’« assumer », corps et âme, en la réunissant à son Fils sans attendre la résurrection finale, tant elle a su s’unir, corps et âme, à Lui dès sa vie terrestre.

Dans le sillage de l’Ascension, Marie inaugure le destin ouvert aux hommes par la résurrection de son Fils et anticipe ce qui deviendra la condition des sauvés à la fin des temps.

La fête de l’Assomption entretient l’espérance

La liturgie de l’Assomption célèbre Marie comme la « transfigurée » : elle est auprès du Seigneur avec son corps glorieux et pas seulement avec son âme ; en elle, le Christ confirme sa propre victoire sur la mort.

Marie réalise ainsi le but pour lequel Dieu a créé et sauvé les hommes. En la fêtant, les croyants contemplent le gage de leur propre destin, s’ils font le choix de s’unir à leur tour au Christ.

Cette contemplation renforce enfin la confiance dans l’intercession de Marie : la voilà toute disponible pour « guider et soutenir l’espérance de ton peuple qui est encore en chemin » (préface). Ils aiment alors demander à Dieu : « Fais que, nous demeurions attentifs aux choses d’en-haut pour obtenir de partager sa gloire » (collecte).

Père Laurent de Villeroché, eudiste

Vidéo sur la dormition de la vierge Marie

Homélie du pape Jean-Paul II le 15 Août 2001