Prière pour la rentrée des classes

Ce mardi 1er septembre, plus de douze millions d’élèves reprennent le chemin de l’école après deux mois de vacances, avec plein de beaux souvenirs dans la tête.

Une journée spéciale pour eux, que chaque famille peut confier au Seigneur avec cette prière.

” Nous revenons de vacances, sois béni, Seigneur, pour tous tes cadeaux de l’été : les bonnes journées en famille, la joie de l’amitié, les paysages et le soleil.

 Une année pleine de découverte commence à l’école, au catéchisme, dans nos activités. Donne-nous de la curiosité et de l’enthousiasme ! “

Nous allons retrouver nos amis. Et aussi découvrir de nouveaux camarades. Prépare notre cœur à toutes ces rencontres. Fais-nous aller vers les autres et ne jamais laisser quelqu’un seul dans la cour de récréation. Aide-nous à ne pas nous moquer de ceux qui sont différents de nous. Donne-nous de trouver des amis avec qui partager nos joies et nos jeux.

” Seigneur, nous Te confions cette nouvelle rentrée scolaire.

Pendant cette année, nous aurons des occasions de nous réjouir et nous aurons à affronter des moments difficiles.
Donne-nous la force de les vivre pleinement.
Nous T’offrons d’avance ces bonheurs et ces déceptions.

Accorde aux enseignants et aux formateurs l’enthousiasme de transmettre leur savoir et de faire grandir les jeunes.
Donne-leur la joie de retrouver leurs collègues et d’accueillir les nouveaux. Que leur diversité soit une richesse au service de l’éducation des jeunes qui leur sont confiés.

Donne aux enfants et aux jeunes d’apprendre et d’acquérir les connaissances intellectuelles, professionnelles et humaines pour devenir des acteurs responsables de ce monde et le servir au mieux.

Que leurs parents puissent les accompagner avec justesse et amour.

Fortifie les employés dans leur tâche quotidienne au service de tous.
Que leur travail soit respecté et reconnu de tous.

Que l’équipe éducative s’ouvre toujours plus aux valeurs de l’Evangile dans le respect des différences.

Donne-nous d’être attentifs à chacun et de te reconnaître en tous et particulièrement dans les plus pauvres.
Puissions-nous agir ensemble pour que la réussite soit en chacun de nous.
Rappelons-nous que Tu nous combles de joie.
Amen !

Karin, Moselle 

Au revoir et merci aux pères Arockiya et Vo Ta Sam

Le dimanche 30 août à 11h, en l’église Notre Dame de Rochefort, la communauté paroissiale a été réunie par le père Mickaël Le Nezet, curé, lors de la messe dominicale pour remercier et encourager dans leur nouvelle mission les pères Arockiya Prabakar et Joseph-Marie Vo Ta Sam, venus renforcer, en 2017, l’équipe presbytérale de la paroisse de Rochefort.

Ils ont été remerciés par le père Mickaël, par Estelle Hartenberger membre de l’équipe pastorale et Marie-Blanche Jaulin représentant l’équipe du quartier Libération. Leurs qualités ont été soulignées : douceur, générosité et joie de vivre. Un cadeau leur a été remis avant le verre de l’amitié. Que l’Esprit les accompagne et les inspire dans leurs nouvelles responsabilités : le père Arockiya comme curé de la paroisse de St Agnant, et le père Sam comme vicaire de la cathédrale de la Rochelle.

photos GT

Quelques nouvelles de l’association : “100 pour 1 toit”

Bonjour !

Pour celles et ceux qui n’auraient pas eu trop de nouvelles, en voici de la famille arménienne logée jusqu’à présent à la maison  St Paul.

Ils sont en train de déménager cette semaine  à Surgères pour libérer la maison fin août.

Nous avons trouvé un appartement à Surgères dont le coût n’est pas excessif,

et l’Association “100 pour 1 Toit -pays rochefortais” a décidé de le louer, les recherches

pour trouver un logement correct et pas trop cher sur Rochefort n’ayant rien donné.

Bien sûr, ce n’est pas de gaieté de coeur que la famille part à 30 kms, alors qu’elle

s’était fait amis, connaissances etc.. à Rochefort

Aujourd’hui, l’ensemble de la famille est plus “détendue”

et il s’agit de mettre en place un “réseau” sur Surgères et de continuer les contacts

avec Rochefort dans la mesure du possible.

C’est pour cela que je vous invite à une rencontre – comme nous en avions pris l’habitude de temps en temps –

entre personnes proches de la famille ou intéressées par les contacts à faire perdurer.

Profanation à Oradour sur Glane

Le nom de ce village tristement célèbre est de nouveau dans l’actualité après la découverte d’inscriptions négationnistes ce vendredi 21 août sur le centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne). Politiques, religieux et habitants, nombreux sont ceux qui ont exprimé leur émotion.

Tags au mémorial d’Oradour sur Glane

Des tags ont été découverts vendredi 21 août sur le Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), village martyr de la Seconde Guerre mondiale. Sur une photo mise en ligne par Le Populaire du Centre, on voit le mot « martyr » rayé à la peinture, une bâche bleue installée rapidement couvrant d’autres inscriptions. Selon le journal, « le mot menteur a été ajouté ainsi qu’une référence à un révisionniste et à des théories qui régulièrement refont surface à propos du village martyr haut-viennois ». Une enquête a été ouverte au parquet de Limoges.

Rapidement, le Premier ministre, Jean Castex a fait part de son indignation, ainsi que le président Emmanuel Macron. Dans un communiqué de l’Élysée, le chef de l’État « condamne avec la plus grande fermeté cet acte inqualifiable. Il apporte tout son soutien au maire et à la commune. Il leur assure que tout sera fait pour que les auteurs de cet acte soient traduits en justice ».

L’évêque du diocèse de Tulle, Mgr Francis Bestion a, quant à lui, fait part de sa tristesse et de son dégoût devant ces actes de profanation qui salissent la mémoire des martyrs.

Pour rappel,

Le 10 juin 1944, la division SS Das Reich a tué 642 villageois à Oradour-sur-Glane. Les Allemands ont rassemblé les hommes dans les granges du village pour les fusiller. Ils ont ensuite regroupé femmes et enfants dans l’église du village avant d’y mettre le feu.

Le centre de la mémoire, ouvert en 1996, explique aux visiteurs le contexte et le massacre dans les ruines du village martyr. Environ 300.000 personnes le visitent chaque année. On peut également y découvrir en photo le visage de 532 des 642 martyrs. Le plus jeune avait une semaine, la plus âgée 90 ans.

(Article Aleteia)

Venez découvrir le pèlerinage diocésain à l’île Madame Mardi 25 août 2020

Le pèlerinage diocésain à l’île Madame aura lieu le mardi 25 août 2020 à partir de 9h 30

Mgr Celestino Migliore

Mgr Celestino Migliore, nonce apostolique en France depuis  le 5 mars 2020 est l’invité d’honneur du pèlerinage diocésain à l’île Madame, qui sera présidé par Mgr Colomb, évêque de la Rochelle et Saintes

Programme

  • 9h 45 :    Accueil des pèlerins
  • 10h 00 : Ouverture du pèlerinage et temps de confession et réconciliation.
  • 11h 00 :  Célébration Eucharistique
  • 12h 15 :   Pique nique
  • 14h 00 :  Procession à la croix des galets.
  • 15h 30 :  Célébration à la croix des galets et envoi.

Certaines  obligations sanitaires devront être respectées pour tenir compte de la pandémie Covid-19.

Stèle commémorative de l’île Madame

Ce pèlerinage commémore  le martyre des 829 prêtres et religieux originaires de divers diocèses de France déportés au printemps 1794 vers le port de Rochefort,  547 mourront, par suite des conditions épouvantables de leur enfermement  sur deux navires négriers,  “les Deux associés” et  “le Washington“, ancrés  en rade de l’île d’Aix.

La fin de la Terreur mettra fin à leur calvaire, ils débarqueront de leurs prisons flottantes fin janvier 1795. “ l’embouchure de la Charente est la plus grande nécropole de prêtres au monde“. Phrase prononcée par le cardinal Etchgarray, lors du pèlerinage du bicentenaire, en août 1994.

Croix de galets île Madame

254 prêtres sont enterrés sur l’île Madame. Le lieu de leur sépulture est marqué par une grande croix de galets qui s’enrichit chaque année des galets votifs qu’y déposent les pèlerins, après avoir franchi, à marée basse,  la passe aux Bœufs qui relie le sanctuaire de Port des Barques à l’île Madame. Le mois d’août fait référence au 27 août date de la mort de l’abbé Jean-Baptiste Souzy, vicaire général de La Rochelle, béatifié avec 63 prêtres et religieux martyrs comme lui, en 1995 par le pape St Jean-Paul II

Contact :  Direction diocésaine des pèlerinages. ☏   07 72 32 08 28 – @ : pelerinages@diocese17.fr. Site internet diocésain

Télécharger affiche et programme ICI

Pèlerinage de l’Île Madame mardi 25 août

Présidé par Son Excellence  Mgr C. Migliore, nonce apostolique et Mgr Colomb évêque de La Rochelle.

Grand événement diocésain depuis 1910, le pèlerinage annuel sur la sépulture des ecclésiastiques martyrs de la foi sous la Terreur révolutionnaire, a été un succès. La Charente-Maritime est peu touchée par le Covid 19 et les pèlerins sont venus nombreux – tout en respectant les consignes de sécurité – au rendez-vous donné par le président du pèlerinage : environ 800 personnes.

Son Excellence Mgr Celestino Migliore, nonce apostolique auprès de la République française et Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes.

Étaient à leurs côtés le père Mickaël Le Nézet, curé-doyen de Rochefort, dont le sanctuaire dépend, avec ses vicaires, les pères Arockiya, Joseph The Tao Nguyen et Eric Ndikumbwayo, ainsi que Placide Dégla Esse Loko, séminariste et Rémi Guérin, diacre.

L’île Madame et  l’embouchure de la Charente, d’une grande beauté, sont un lieu unique : « le plus grand reliquaire de prêtres martyrs, en France, et peut-être dans le monde », ainsi que le déclarait en 1994, Mgr Roger Etchegarray, venu au pèlerinage du bicentenaire des prêtres et religieux martyrs des pontons de Rochefort. Ils seront déclarés Bienheureux le 1er octobre 1995 à Rome par Jean-Paul II à la demande de Mgr Jacques David évêque de la Rochelle et Saintes, en la personne de Jean-Baptiste Souzy vicaire général de la Rochelle et de 63 prêtres et religieux.

Chaque pèlerinage est un puissant chemin de conversion s’il unit pardon et prière, comme le rappela en 2015 Mgr Gemayel : « c’est la grâce des trois P : pèlerinage, prière, pardon ».

Le programme fut d’une grande richesse, l’ambiance fraternelle et le soleil sera tempéré par un vent léger.

Mgr Georges Colomb présenta Mgr Migliore qui fut auparavant nonce en Pologne, en Russie, (où il intervint, en matière religieuse, en 2014, dans la délicate question de la Crimée), puis en Ouzbekistan.

 Le père Yves Blomme, vice-postulateur, qui rédigea la « positio », document sur lequel s’appuyèrent la commission vaticane et le pape  Jean-Paul II pour béatifier  le père Jean-Baptiste Souzy et 63 de ses compagnons, replaça le pèlerinage dans son contexte.

Beaucoup de touristes qui viennent en Charente-Maritime pour leurs vacances ignorent que ce littoral n’a pas toujours joui d’une bonne réputation.

Faut-il rappeler le bagne de Rochefort qui ne fermera qu’en 1854 ?

Au XVII siècle, sous Louis XIV, de La Rochelle, partaient « les filles à marier » pour les colons du Québec, parfois sans leur accord.

Sous Louis XV on envoyait, bon gré mal gré, des colons en Guyane, où la mortalité était sévère.

Les Communards de Paris furent expédiés en 1871 en Guyane, comme les bagnards vers Cayenne, à partir de la citadelle de St Martin de  Ré.

Bien sûr, la persécution des prêtres et religieux qui refusèrent de rompre avec le pape pour se placer sous le contrôle de l’Etat français en 1791, en ne signant pas la « Constitution civile du clergé » fut l’épisode le plus douloureux, qui restera lié à l’histoire de Rochefort, de l’île Madame et du diocèse.

Le clergé, en 1789, qui comptait 130 000 prêtres, auxquels il fallait ajouter 30 000 religieux et religieuses, se partagea sous la Révolution en deux camps : les jureurs « assermentés », qui obéirent au nouveau pouvoir, et les non-jureurs « insermentés » qui restèrent fidèles au pape Pie VI.

En 1794 le Comité de salut public décida de déporter 2 400 prêtres et religieux « insermentés » vers la Guyane et les enverra vers Bordeaux et Rochefort où 829 d’entre eux arriveront de mars à juillet. Ils seront entassés sur deux navires négriers, « les Deux-Associés » et le « Bonhomme-Richard », ancrés à l’embouchure de la Charente, près de  l’île d’Aix, dans des conditions comparables aux pires camps de concentration du XX siècle.

Ainsi, 547 succomberont en quelques mois, il n’en survivra que 228 en janvier 1795, après la chute de Robespierre, soit à peine le quart.

Ne seront béatifiés comme martyrs de la foi que 64 ecclésiastiques, avec le père Jean-Baptiste Souzy, vicaire général de La Rochelle à leur tête, car comme l’a souligné le père Blomme, ne purent être retenus que ceux pour lesquels on disposait de témoignages, ce qui ne fut pas le cas, hélas, pour beaucoup d’entre eux.

Photos GT

Photos GT

Message de Mgr Celestino Migliore

Homélie de Mgr Celestino Migliore à l’île Madame

Célébration des martyrs des pontons de Rochefort
                          à  la croix des galets sur l’île Madame

Entretien particulier avec Mgr Migliore à l’île Madame

Vente de livres anciens au profit du diocèse

Une vente exceptionnelle de livres anciens de la bibliothèque de l’évêché est organisée du samedi 29 août au mercredi 2 septembre, de 10h à 17h à l’évêché de La Rochelle, place du maréchal Foch, salle Saint-Jean.

Vente au profit du diocèse

Venez nombreux !

L’impératrice Hélène et la Croix du Christ

L’« invention », c’est-à-dire la découverte, de la croix du Christ par l’impératrice Hélène, mère de l’empereur Constantin 1er, est solidement établie dans la tradition de l’Église latine ; elle est attestée vers la fin du IVe siècle ; elle a inspiré bien des artistes.

Cependant, dans la lettre adressée par Constantin, fin 325, à l’évêque de Jérusalem Macaire, il n’est pas question de sa mère. L’empereur voit dans la découverte de la croix un miracle qui confirme  la protection particulière du Christ dont il bénéficie depuis sa conversion en 313 et surtout la christologie définie par le concile de Nicée. Ainsi écrit-il à Macaire : « La grâce de notre Sauveur est si grande qu’il n’y a, semble-t-il, aucune ressource d’éloquence digne du miracle présent. Que la preuve de la Passion très sainte, cachée depuis longtemps sous la terre, ait échappé aux regards pendant tant d’années, jusqu’au moment où elle devait briller à nouveau aux yeux des serviteurs de Dieu libérés par la destruction de l’ennemi commun de tous, cela passe vraiment toute admiration […] La foi en ce miracle dépasse toute capacité de la raison humaine […] Ce qui me tient le plus à cœur que tout, c’est d’orner par de belles constructions ce lieu sacré que, sur l’ordre de Dieu, j’ai débarrassé [ …] de l’ignoble idole  qu’on lui avait ajoutée ; ce lieu est devenu saint dès l’origine par le jugement de Dieu et il est manifestement bien plus saint encore depuis qu’il a fait voir en pleine lumière sur quoi se fonde la foi en la Passion salutaire. » (dans Eusèbe, Vie de Constantin, III, 30).

Pour Constantin, la découverte de la Croix constitue un miracle par lequel « la vérité de la foi se confirme […] pour que nos âmes deviennent plus zélées pour notre sainte loi » ; elle permet aussi la concorde dans l’Église et dans l’Empire. Eusèbe fait état du pèlerinage  d’Hélène aux lieux saints en 325 ou 326,  de l’élévation d’une église à Bethléem et d’une autre sur le Mont des Oliviers, mais ne parle pas la découverte de la Croix par “l’Augusta” titre honorifique d’Hélène. Or celle-ci a bien eu lieu à l’époque de Constantin.

En 351, Cyrille, évêque de Jérusalem, écrit à l’empereur Constance II : « Au temps de votre pieux père Constantin 1er, d’heureuse mémoire, le bois salutaire de la Croix fut trouvé à Jérusalem, Dieu ayant accordé à cet homme de bien la grâce de trouver les Lieux saints cachés ». Il y faisait déjà allusion dans trois de ses Catéchèses de 348/350. Point n’est question d’Hélène.

En revanche saint Jean Chrysostome, à Antioche, en 390, fait état de la découverte de la Croix dans l’une de ses Homélies sur l’Évangile de saint Jean, et il l’attribue à Hélène. Cette tradition paraît donc bien établie.

Dans la partie occidentale de l’Empire, de langue latine, elle est largement attestée à la fin du IVe siècle et au début du Ve. Rufin d’Aquilée en donne le récit le plus circonstancié dans son Histoire ecclésiastique (I, 7-8) écrite en 402/403. On ne saurait oublier qu’il a résidé dix-sept ans à Jérusalem (380-397) dirigeant un monastère latin d’hommes au mont des Oliviers, voisin du monastère de femmes que dirigeait Mélanie l’Ancienne, et qu’il était un proche de l’évêque Jean qui l’ordonna prêtre. Il a évidemment participé, chaque année, à la liturgie de la semaine sainte qui comportait l’adoration du bois de la Croix. Il a pu recueillir sur place, à partir de documents écrits ou de la tradition orale, les éléments de son récit.

Ses contemporains et amis Paulin de Nole et Sulpice Sévère n’hésitent pas à s’informer auprès de lui. Tous trois attribuent à l’impératrice non seulement « l’invention de la Croix » mais un rôle majeur dans la construction des édifices “in passionis loco – sur les lieux de la Passion”, notamment sur le tombeau du Christ.

Juste après avoir traité du concile de Nicée dont il donne le texte du symbole et les canons, Rufin, soulignant la concomitance miraculeuse entre les deux événements, écrit : « A la même époque, Hélène, la mère de Constantin, femme incomparable par sa foi, sa piété et sa magnificence insigne […] guidée par des visions divines, se rend à Jérusalem ; là elle s’informe auprès des habitants pour savoir où le corps sacro-saint du Christ avait été pendu, cloué à une croix. » Puis il évoque, l’abandon du site sur lequel une idole de Vénus avait été érigée par les païens et la difficulté à retrouver le lieu de la crucifixion.

 « Lorsque cette femme pieuse se fut rendue en hâte à l’endroit qui lui avait été indiqué par un signe du ciel, elle en fit arracher tout ce qui était sacrilège et qui le profanait ; une fois les déblais enlevés jusqu’à une grande profondeur, elle trouva trois croix en désordre. Mais l’incertitude de l’appartenance de chacune des croix gâtait la joie d’avoir retrouvé ce trésor. Certes il y avait aussi cet écriteau (titulus) rédigé par Pilate en grec, en latin et en hébreu : mais lui non plus ne désignait pas de façon assez précise la croix du Seigneur. Dans le doute,  l’évêque Macaire en appelle au jugement de Dieu par la guérison d’une malade « à demi-morte » : « Apportez ici toutes les croix qui ont été retrouvées ; et maintenant que Dieu nous dévoile celle qui a porté Dieu ! »

Puis entré avec la reine et la foule chez la malade, s’étant mis à genoux, il adressa à Dieu cette prière : « Seigneur, toi qui par ton fils unique as daigné accorder le salut au genre humain par sa passion sur la croix et qui maintenant viens d’inspirer au cœur de ta servante de rechercher ce bois béni auquel notre salut fut suspendu, manifeste de façon évidente, parmi ces trois croix, celle qui a servi à la gloire du Seigneur et celles qui ont été dressées pour un supplice d’esclave : que cette femme qui gît à demi-morte, aussitôt que le bois du salut  l’aura touchée, soit, des portes de la mort, rappelée à la vie ».

L’évêque fixe ainsi les conditions précises qui garantiront l’authentification incontestable de la Croix.  Il le fait dans la foi, affirmant la divinité du Christ, fils unique du Père, rédempteur universel.

« Après avoir dit cela, il prit en premier lieu une des trois croix mais il n’obtint aucun succès. Il prit la seconde et il n’arriva rien non plus. Mais dès qu’il approcha la troisième, aussitôt la femme se leva, les yeux ouverts, et, ayant retrouvé la plénitude de ses forces, beaucoup plus alerte que lorsqu’elle avait la santé, elle se mit à parcourir toute la maison et à exalter la puissance du Seigneur. » Le miracle est évident : la Croix est identifiée sans contestation possible. On entend déjà le Ecce lignum Crucis in quo salus mundi pependit… Venite adoremus  ! de chaque Vendredi saint.

 (Auteur : Françoise Thelamon, professeur d’histoire du christianisme, Université de Rouen)

La croix glorieuse, le plus beau cadeau de Dieu

Le 14 septembre, l’Église n’exalte pas une croix quelconque, ou toutes les croix. Elle exalte la Croix de Jésus, parce qu’en elle s’est révélé au plus haut point l’amour de Dieu pour l’humanité. C’est ce que rappelle l’Évangile de Jean en disant : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16). Contrairement au Vendredi Saint, le croyant est invité à contempler la Croix et la mort de Jésus, non comme un lieu de souffrance, mais comme une source de vie, une source de guérison pour chacun.

La Croix Glorieuse, unique voie du Salut

La Croix Glorieuse indique l’unique voie du salut. Elle est « témoignage d’espérance » pour tous, écrit Padre Pio (1887-1968) à son père spirituel.

Par expérience personnelle, le saint frère capucin, sait que pour un chrétien « le véritable remède pour ne pas chuter, c’est de prendre appui sur la croix de Jésus, en mettant toute sa confiance en lui seul, car c’est pour notre salut qu’il a voulu y être suspendu ».

Le pape François le rappelle si souvent à ceux qui veulent connaître Jésus. « Vous devez ”regarder à l’intérieur de la croix”, car c’est là que ”se révèle sa gloire”, là que l’homme, dans les plaies du Christ, trouve “la guérison”, a-t-il exhorté lors d’un angélus dominical. « De cette Croix jaillit la miséricorde du Père qui embrasse le monde entier. Par la Croix du Christ le malin est vaincu, la mort est défaite, la vie nous est donnée, l’espérance rendue », rappelait-il, le 14 septembre 2017.

Cette fête de la Sainte-Croix, le 14 septembre, est l’occasion pour les chrétiens d’avoir une pensée pour tous ces frères et sœurs persécutés et tués à cause de leur fidélité au Christ, à travers le monde. Ces frères et sœurs qui ont porté et portent leur croix comme Jésus a porté la sienne, vivant d’Amour au sein de la souffrance, dans les pays « où la liberté religieuse n’est pas encore garantie ou pleinement réalisée » mais ceux aussi « où, en principe, on protège la liberté et les droits humains, mais où concrètement les croyants, et en particulier les chrétiens, connaissent des restrictions et des discriminations », comme rappelle ponctuellement le Saint-Père.

Invocation à la « Sainte Croix de Jésus-Christ »

Selon une vieille tradition de l’Église, quiconque récite la prière d’invocation à la « Sainte Croix de Jésus-Christ », la lit, l’entend ou la porte sur lui, sera protégée de tout ennemi visible ou invisible :

« Sainte Croix de Jésus-Christ, ayez pitié de moi ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, soyez mon espoir ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, repoussez de moi toute arme tranchante ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, versez en moi tout bien ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, détournez de moi tout mal ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, faites que je parvienne au chemin du salut ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, repoussez de moi toute atteinte de mort ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, préservez moi des accidents corporels et temporels, que j’adore la Sainte Croix de Jésus-Christ à jamais.
Jésus de Nazareth crucifié, ayez pitié de moi, faites que l’esprit malin et nuisible fuie de moi, dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il ! »

Histoire de la légende de St Christophe

Dans la tradition chrétienne, Saint-Christophe est celui qui “porte le Christ” et l’aide à franchir les obstacles. Il est considéré comme le saint patron des voyageurs et des soldats.

Dans le calendrier français, la Saint-Christophe est fêtée le 21 août.

L’HISTOIRE DE SAINT-CHRISTOPHE

La légende de Christophe débute au pays de Canaan, où un homme imposant du nom de “Réprouvé” cherchait à se mettre au service du roi le plus puissant du monde.

Après diverses péripéties, il finit par s’installer au bord d’un fleuve tumultueux pour aider les gens à le traverser. Un jour survint un enfant, que le géant prit sur ses épaules avant de s’engager dans les flots.

Au fur et à mesure de son avancée, l’enfant devint si lourd que Réprouvé crut sa dernière heure arrivée, mais il parvint finalement sur l’autre rive.

L’enfant lui révéla alors son nom et sa mission : Christophe de Lycie devint celui que la foi conduisit à « porter le Christ », et passa le reste de sa vie à prêcher et convertir avant d’être supplicié et mis à mort par un roi païen.

L’étymologie du nom Christophe reflète cette dimension sacrée : le mot dérive en effet des mots grecs Khristos (Christ) et phorein (porter).

LA REPRÉSENTATION DE SAINT-CHRISTOPHE

Des différents aspects de la légende de Saint-Christophe, c’est principalement l’image du porteur qui s’est imposée.

Saint-Christophe est donc généralement représenté sous les traits d’un homme courbé sous le poids d’un enfant alors qu’il traverse un cours d’eau, parfois appuyé sur un bâton.

Dans cette iconographie, Christophe est le soutien du Christ, celui qui accepte de mettre sa vie en péril pour accompagner et soutenir l’accomplissement d’un dessein supérieur. C’est cette représentation de l’abnégation et du dévouement qui a conduit à faire de Christophe le saint patron des voyageurs.

Bien loin de se limiter à la tradition chrétienne, l’image du passeur entre deux rives intervient également dans les mythologies égyptiennes ou indiennes. C’est ce qui explique que Saint-Christophe soit parfois représenté avec une tête de chien ou sous des traits d’inspiration moyen-orientale.

La médaille de Saint-Christophe protège traditionnellement ceux qui entreprennent un voyage long et difficile. Par extension, la figure de Christophe est aussi devenue la figure des soldats, des professionnels du train ou des automobilistes.

 

L’histoire du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle

Il a fallu attendre le Moyen Âge pour que le tombeau de Jacques, l’apôtre du Christ, frère de saint Jean l’évangéliste, devienne un lieu de pèlerinage dans la ville espagnole de Compostelle.

Légende ou vérité, c’est à l’époque de Charlemagne, en l’an 813, que l’ermite Pelayo signale à l’évêque Théodomire d’Iria Flavia l’existence de phénomènes surnaturels à Compostelle.
Après avoir été guidé la nuit par une étoile vers une montagne inhabitée, il voit des lumières et entend le chant des anges, ce que soutiennent des paroissiens du voisinage. Ils se rendent alors sur les lieux et trouvent un mausolée.
À l’intérieur se trouve un corps décapité tenant la tête sous son bras, l’évêque reconnaît le corps de saint Jacques et considère cette reconnaissance comme une révélation divine.
Deux autres corps sont trouvés, identifiés comme ceux d’Athanase et Théodore, disciples de l’apôtre, ceux-là même qui auraient embarqué son corps vers la Galice après sa mort. Très vite, le roi Alphonse est tenu au courant, puis Charlemagne lui-même, signe que cette découverte prend beaucoup d’importance. Une église est construite autour du cimetière (compositum) par Alphonse, auquel il reconnaît des dons.
Cathédrale de Santiago de Compostelle

Celle-ci deviendra la grande cathédrale de Santiago de Compostelle, après une deuxième construction.Une théorie plus ancienne de l’existence du chemin de Compostelle tire son origine du Chemin des Étoiles, que suit effectivement le pèlerinage chrétien en Espagne, orienté d’est en ouest, suivant la Voie Lactée.

De même se trouve non loin le Cap Finistère considéré depuis toujours comme un endroit magique — il a d’ailleurs attiré l’attention des géographes et historiens gréco-romains. Les Romains y auraient trouvé un autel consacré au soleil (Ara Solis), érigé par les anciens peuples.

Du Moyen Âge à nos jours : deux âges d’or pour les pèlerins

La période du Moyen Âge est l’initiatrice de nombreux pèlerinages, le temps des dévotions et des pénitences. Le culte des reliques rend les lieux où elles se trouvent des motifs de voyages. Les premières basiliques, après les persécutions, sont bâties sur les cryptes où ont été enterrés des martyrs, pour consacrer une église on met également une relique dans l’autel.

Les cathédrales et monastères prestigieux ont également de grandes collections des reliques, les foules affluent et les dons aussi.

Les pèlerinages fleurissent ainsi à une période où la religion joue un rôle social très important. Ce contexte éclaire le fait que la découverte des reliques de saint Jacques a profondément ému et ébloui la chrétienté de l’Occident du Moyen Âge.

Les pèlerinages s’intensifient au XIe siècle, grâce aux ordres religieux, à la noblesse et aux monarques qui apportent de l’argent pour la construction des hospices, ces importants lieux d’accueil pour les pèlerins.

Avec Rome et Jérusalem, Compostelle devient l’un des trois plus grands centres de pèlerinage chrétien dans le monde. Il va même rapidement se placer en tête de ces destinations. L’an 1033 est le millénaire de la mort de Christ, et Jérusalem va connaître un flux de pèlerins très important.

Mais les invasions de l’islam en Terre Sainte rendent bientôt ce pèlerinage difficile et risqué. Même les croisades n’arrivent pas à ouvrir de nouveau l’accès aux pèlerins. Ceux-ci se rabattent donc sur d’autres destinations moins lointaines et périlleuses comme Compostelle.

Sanctuaire des saintes Maries de la mer

Un siècle plus tard, le pape Calixte II proclame que les années jacquaires — celles où le jour de la saint Jacques, le 25 juillet, tombe un dimanche — les pèlerins obtiendront l’indulgence plénière, qui efface tout péché et permet au fidèle d’accéder directement au paradis à la fin de sa vie.

Le pape Alexandre III confirme ensuite ce privilège à Compostelle. L’année jacquaire arrivant environ une fois tous les six ans à Santiago alors que les années jubilaires à Rome n’arrivent que tous les 25 ans, le succès du pèlerinage de Compostelle n’en est que plus grand.

Entre les vagues de peste qui ravagent l’Europe au XIVe siècle et l’arrivée du protestantisme qui fait naître des luttes contre les indulgences, les pèlerinages commencent à faiblir. Cela entame des siècles d’indigence en nombre de pèlerins. Mais le véritable déclin de Compostelle a lieu au XIXe siècle, où seule une poignée de pèlerins est décomptée.

Il faut attendre les XXe et XXIe siècles pour voir un renouveau et même un véritable engouement des fidèles vers Compostelle, toujours palpable aujourd’hui.

article Aleteia (2017)