Pèlerinage de l’Île Madame mardi 25 août

Présidé par Son Excellence  Mgr C. Migliore, nonce apostolique et Mgr Colomb évêque de La Rochelle.

Grand événement diocésain depuis 1910, le pèlerinage annuel sur la sépulture des ecclésiastiques martyrs de la foi sous la Terreur révolutionnaire, a été un succès. La Charente-Maritime est peu touchée par le Covid 19 et les pèlerins sont venus nombreux – tout en respectant les consignes de sécurité – au rendez-vous donné par le président du pèlerinage : environ 800 personnes.

Son Excellence Mgr Celestino Migliore, nonce apostolique auprès de la République française et Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes.

Étaient à leurs côtés le père Mickaël Le Nézet, curé-doyen de Rochefort, dont le sanctuaire dépend, avec ses vicaires, les pères Arockiya, Joseph The Tao Nguyen et Eric Ndikumbwayo, ainsi que Placide Dégla Esse Loko, séminariste et Rémi Guérin, diacre.

L’île Madame et  l’embouchure de la Charente, d’une grande beauté, sont un lieu unique : « le plus grand reliquaire de prêtres martyrs, en France, et peut-être dans le monde », ainsi que le déclarait en 1994, Mgr Roger Etchegarray, venu au pèlerinage du bicentenaire des prêtres et religieux martyrs des pontons de Rochefort. Ils seront déclarés Bienheureux le 1er octobre 1995 à Rome par Jean-Paul II à la demande de Mgr Jacques David évêque de la Rochelle et Saintes, en la personne de Jean-Baptiste Souzy vicaire général de la Rochelle et de 63 prêtres et religieux.

Chaque pèlerinage est un puissant chemin de conversion s’il unit pardon et prière, comme le rappela en 2015 Mgr Gemayel : « c’est la grâce des trois P : pèlerinage, prière, pardon ».

Le programme fut d’une grande richesse, l’ambiance fraternelle et le soleil sera tempéré par un vent léger.

Mgr Georges Colomb présenta Mgr Migliore qui fut auparavant nonce en Pologne, en Russie, (où il intervint, en matière religieuse, en 2014, dans la délicate question de la Crimée), puis en Ouzbekistan.

 Le père Yves Blomme, vice-postulateur, qui rédigea la « positio », document sur lequel s’appuyèrent la commission vaticane et le pape  Jean-Paul II pour béatifier  le père Jean-Baptiste Souzy et 63 de ses compagnons, replaça le pèlerinage dans son contexte.

Beaucoup de touristes qui viennent en Charente-Maritime pour leurs vacances ignorent que ce littoral n’a pas toujours joui d’une bonne réputation.

Faut-il rappeler le bagne de Rochefort qui ne fermera qu’en 1854 ?

Au XVII siècle, sous Louis XIV, de La Rochelle, partaient « les filles à marier » pour les colons du Québec, parfois sans leur accord.

Sous Louis XV on envoyait, bon gré mal gré, des colons en Guyane, où la mortalité était sévère.

Les Communards de Paris furent expédiés en 1871 en Guyane, comme les bagnards vers Cayenne, à partir de la citadelle de St Martin de  Ré.

Bien sûr, la persécution des prêtres et religieux qui refusèrent de rompre avec le pape pour se placer sous le contrôle de l’Etat français en 1791, en ne signant pas la « Constitution civile du clergé » fut l’épisode le plus douloureux, qui restera lié à l’histoire de Rochefort, de l’île Madame et du diocèse.

Le clergé, en 1789, qui comptait 130 000 prêtres, auxquels il fallait ajouter 30 000 religieux et religieuses, se partagea sous la Révolution en deux camps : les jureurs « assermentés », qui obéirent au nouveau pouvoir, et les non-jureurs « insermentés » qui restèrent fidèles au pape Pie VI.

En 1794 le Comité de salut public décida de déporter 2 400 prêtres et religieux « insermentés » vers la Guyane et les enverra vers Bordeaux et Rochefort où 829 d’entre eux arriveront de mars à juillet. Ils seront entassés sur deux navires négriers, « les Deux-Associés » et le « Bonhomme-Richard », ancrés à l’embouchure de la Charente, près de  l’île d’Aix, dans des conditions comparables aux pires camps de concentration du XX siècle.

Ainsi, 547 succomberont en quelques mois, il n’en survivra que 228 en janvier 1795, après la chute de Robespierre, soit à peine le quart.

Ne seront béatifiés comme martyrs de la foi que 64 ecclésiastiques, avec le père Jean-Baptiste Souzy, vicaire général de La Rochelle à leur tête, car comme l’a souligné le père Blomme, ne purent être retenus que ceux pour lesquels on disposait de témoignages, ce qui ne fut pas le cas, hélas, pour beaucoup d’entre eux.

Photos GT

Photos GT

Message de Mgr Celestino Migliore

Homélie de Mgr Celestino Migliore à l’île Madame

Célébration des martyrs des pontons de Rochefort
                          à  la croix des galets sur l’île Madame

Entretien particulier avec Mgr Migliore à l’île Madame