Sept religieux catholiques, dont deux Français, enlevés en Haïti,

Le rapt de sept religieux catholiques, dont deux Français, a eu lieu dimanche 11 avril 2021, au matin, à la Croix-des-Bouquets, près de Port-au-Prince , capitale d’Haïti,

Selon le père Loudger Mazile, porte-parole de la Conférence des évêques d’Haïti. , les ecclésiastiques « se rendaient à l’installation d’un nouveau curé “. Ce groupe comptait une religieuse et un prêtre français, ainsi que quatre prêtres et une religieuse haïtiens pour la libération desquels les ravisseurs exigent un million de dollars (841 000 euros) de rançon. Ce kidnapping  témoigne de la forte insécurité qui règne toujours dans ce  pays des Caraïbes. 

Les cinq prêtres appartiennent à la Société des prêtres de Saint-Jacques basée à Guiclan (Finistère), parmi eux se trouve le père Joseph Evens qui fut curé de Tonnay-Charente de 2017 à 2020 . « On continue de prier tout en étant actifs : nous sommes en train de négocier. Le contact est pris, c’est important», ont souligné le supérieur général, Paul Dossous, et le père Sermonfils Auguste, prêtre haïtien, actuellement vicaire épiscopal du diocèse de la Rochelle.

La société missionnaire compte une quinzaine de prêtres en Haïti dont les cinq enlevés. De plus, 80 prêtres et une vingtaine de séminaristes de St Jacques sont également présents en France, au Brésil et au Canada.

Le Quai d’Orsay a confirmé l’enlèvement des deux Français. « Le centre de crise et de soutien du ministère ainsi que notre ambassade en Haïti sont pleinement mobilisés, en relation étroite avec les autorités locales. Pour des raisons d’efficacité et de sécurité, nous observons la plus grande discrétion. »

Une enquête ouverte à Paris pour « enlèvement et séquestration en bande organisée », a été confiée à l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) compétent pour les crimes commis à l’étranger envers des citoyens français.

  •                                                                Un gang armé suspecté

La Conférence haïtienne des religieux (CHR)  a exprimé «son profond chagrin, mais aussi sa colère face à la situation inhumaine que traverse Haïti depuis plus d’une décennieIl ne se passe pas un jour sans pleurs et grincements de dents, et pourtant les soi-disant leaders de ce pays, tout en s’accrochant au pouvoir, sont de plus en plus impuissants. »

Recrudescence des enlèvements avec rançon

Les enlèvements contre rançon ont connu une forte recrudescence ces derniers mois à Port-au-Prince comme en province, ils témoignent de l’emprise grandissante des gangs armés sur le territoire haïtien.

« C’en est trop. L’heure est venue pour que ces actes inhumains s’arrêtent», a réagi dimanche Mgr Pierre-André Dumas, évêque de Miragoâne, «L’Eglise prie et se fait solidaire de toutes les victimes de cet acte crapuleux. »

Le président haïtien Jovenel Moïse a promis de ne pas « baisser les bras » face au « fléau » des enlèvements en Haïti. « Je suis conscient que l’Etat doit faire plus d’efforts dans la bataille contre cette catastrophe », a reconnu M. Moïse, jurant qu’il fera « tout ce que permet la loi pour trouver de bonnes solutions pour résoudre ces problèmes ».

L’archevêché de Port-au-Prince a dénoncé  l’inaction des autorités. « Depuis quelque temps, nous constatons la descente aux enfers de la société haïtienne, a affirmé Mgr Max Leroy Mésidor. «Nous dénonçons les complaisances et les complicités d’où qu’elles viennent. » 

En mars, le pouvoir exécutif haïtien a décrété l’état d’urgence pour un mois dans certains quartiers de la capitale et dans une région de province afin de « restaurer l’autorité de l’Etat »,  contrôlées par des gangs. Ces bandes armées « séquestrent des personnes contre rançon, volent et pillent des biens publics et privés, tout en affrontant ouvertement les forces de sécurité publique », selon l’arrêté présidentiel.               Le Monde (AFP)