Qui sont les époux Zélie et Louis MARTIN ?

La fête des saints Louis et Zélie MARTIN – le 12 juillet – est l’occasion de rappeler que  la sainteté n’est pas l’exclusivité des religieux et religieuses. Les couples y sont également invités, comme le montrent Louis et Zélie Martin, canonisés à Rome le 18 octobre 2015 par le pape François.

« Le bon Dieu m’a donné un père et une mère plus dignes du ciel que de la terre » écrira sainte Thérèse de l’enfant Jésus.

 

Leur histoire est originale. Désirant, l’un comme l’autre, devenir religieux, mais éconduits tous deux dans leur démarche, ils restèrent laïcs dans la calme et paisible ville d’Alençon,. Un beau jour, par hasard, leurs regards  se croisèrent sur le pont  de la Sarthe, et après avoir fait connaissance ils se marièrent quelques mois plus tard. Unis par une commune vision de la famille chrétienne.

Comme beaucoup de personnes pieuses de l’époque, animées par un grand idéal spirituel ils considéraient la vie sexuelle avec méfiance. Oubliant que la sainteté n’est pas automatiquement liée à la virginité et que Dieu a créé l’homme et la femme pour une vie consacrée à l’aimer, soit en ayant des enfants au sein d’une famille, soit dans l’état religieux. Leur confesseur le leur signala et ils eurent 9 enfants.

Les frères et sœurs de Thérèse :

Marie,  née le 22 février 1860, sera  surnommée “le diamant” par Monsieur Martin. Elle sera soeur Marie du Sacré-Cœur au Carmel de Lisieux

Pauline,  née le 7 septembre 1861. Pauline est surnommée “la perle fine” par Monsieur Martin. deviendra soeur Agnès de Jésus au carmel de Lisieux en 1882. Le pape la nommera prieure à vie.

Léonie, née le 3 juin 1863. Léonie, au “caractère difficile” selon Zélie Martin. Elle fait plusieurs essais infructueux de vie religieuse avant d’entrer définitivement en 1899 à la Visitation de Caen en tant que sœur Françoise-Thérèse.

Hélène, née le 10 octobre 1864.
Joseph-Louis, né le 20 septembre 1866.
Joseph-Jean-Baptiste, né le 19 décembre 1867.

Céline,  née le 8 avril 1869. Céline est surnommée « l’intrépide ».Elle entre au Carmel de Lisieux, après la mort de son père qu’elle a accompagné jusqu’à la fin. Elle y sera sœur Geneviève de la Sainte-Face

Mélanie-Thérèse, née le 16 août 1870.

Thérèse, – la future Ste Thérèse – née le 2 janvier 1873, sera appelée la « petite Reine » par son père.  Zélie, sa mère, a déjà 42 ans et Louis, son père, 50 ans. Zélie meurt quatre ans et demi après la naissance de Thérèse, donc leur existence est faite. Leur sainteté n’a pas commencé avec la naissance de leur plus jeune fille. C’est l’exemple parental et familial qui a été porteur.

Zélie, épouse et dentelière, chef d’entreprise

Zélie sera connue bien plus tard, que sa fille, grâce à la publication  de la correspondance familiale dans les revues :  “Etudes et documents” et “Vie thérésienne“. On y voit vivre une personnalité très riche, qui ne manque pas d’humour dans sa description de la vie sociale de la préfecture de Lisieux.

Durant l’occupation prussienne, elle fait preuve de compassion en se portant au secours d’un soldat prussien en détresse. C’est une femme active qui n’hésite pas à s’installer comme « fabricante de Point d’Alençon » procurant bientôt du travail à 18 ouvrières à domicile, qu’elle « aime comme sa propre famille ».

Ses lettres échangées avec Louis, son mari, révèlent la profonde affection qui unit le couple. Les époux consacrent un temps quotidien à la prière partagée. Tout en conservant son engagement professionnel elle met au monde neuf enfants. On peut lire dans sa correspondance : « J’aime les enfants à la folie, j’étais née pour en avoir… » Les deux époux furent confrontés à la mort en bas âge de quatre d’entre eux. Ils ont transmis à leurs cinq autres filles une foi paisible, humble et ardente. Avec elles, les deux époux utilisèrent une partie de leur temps et de leur argent à aider ceux qui étaient dans le besoin. Zélie a parlé dans ses lettres de son douloureux combat contre le cancer qui l’emporte, à 46 ans, le 28 août 1877.

Louis, un père attentif

Louis, horloger-bijoutier à Alençon, fréquentait un cercle qui réfléchissait aux obligations sociales des employeurs. Après son mariage, il quittera son métier d’horloger pour seconder Zélie dans la direction de la fabrique.

Veuf à 54 ans, il se révèle père attentif à chacune de ses filles, bientôt prêt à consentir à leur projet de vie religieuse. Après l’entrée de Thérèse au carmel, commence pour lui, à 65 ans, l’épreuve d’une maladie  neuropsychiatrique. Pendant les périodes de rémission, on le voit s’occuper des malades qui l’entourent.

Louis et Zélie ont fait de leur vie quotidienne, parfois banale,  quelque chose d’héroïque, dans l’humilité et la discrétion.  Ils sont un point de repère pour les époux et pour chaque famille chrétienne.