Qui est l’apôtre Paul ?

Nous voyons dans les Actes des Apôtres (Ac 9),  Saul, le futur Paul, qui se rendait de Jérusalem à Damas pour persécuter les disciples de Jésus dans les synagogues,  être subitement terrassé par le Christ, lui apparaissant pour lui dire : “Je suis Jésus que tu persécutes”.
Aveuglé par cette lumière céleste, il est conduit chez un disciple de Damas, Ananie, qui, malgré ses craintes, l’accueille et le baptise.
Paul est né, il devient apôtre.
  • 25 janvier : La fête de la conversion de Paul

Quand Paul parle de Paul

Paul évoque sobrement  l’événement qui a bouleversé sa vie, ce qui fut son passé, et ce qu’il est devenu, grâce au Christ  Jésus. (Ga 1, 17).
La rencontre du Christ a changé dans sa vie et il y fait référence quand des contestations l’obligent à justifier sa qualité d’apôtre du Christ et sa manière de comprendre la foi chrétienne, et les Ecritures.

Ces allusions se trouvent dans quatre passages des épîtres 1 Co 9,1-2 ; 15, 9-11 ; Ga 1, 11-24 ; Ph 3, 2-16

L’avorton devenu apôtre

Dans deux passages (1Co 9 et 1Co 15), Paul attribue sa qualification d’apôtre du Christ au fait qu’il a bénéficié d’une apparition pascale : “Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ?” (1Co 9,1) ; “en tout dernier lieu il m’est apparu à moi aussi comme à l’avorton” (1Co 15,9).
Il insiste sur la puissance de la grâce. Lui, le dernier de liste, l’indigne persécuteur, “l’avorton”, est devenu, par la grâce de Dieu, l’apôtre le plus travailleur de tous.
Mais il insistera sur le fait que nous devenons justes aux yeux de Dieu sans l’avoir mérité, en vertu de sa seule grâce.

Un changement de regard

Dans deux épîtres Paul relit l’événement de Damas : épître aux Galates (1, 11-24), épître aux Philippiens (3, 2-16) . Ces deux textes évoquent la controverse engagée avec des judéo-chrétiens que nous appelons des « judaïsants » : des Juifs devenus croyants en Jésus-Christ mais convaincus que la Loi juive est toujours indispensable au salut. De ce fait  ils voulaient l’imposer aux nouveaux croyants venus des nations.
Or Jésus se situait au delà de  la Loi.
Loi qu’il vint “non pas abolir mais accomplir” pour devenir, Lui, le centre et le cœur du salut de Dieu.: ” je suis la voie, la vérité et la vie “.

Conversion ? Vocation ?

Le terme de « conversion » est ambigu, il peut avoir plusieurs sens.
Conversion ne veut pas dire forcément abandon d’une foi pour une autre.
Ou bien abandon d’une vie pécheresse pour le désir de la sainteté.
La conversion c’est fondamentalement le changement de regard sur quelque chose. C’est un retournement de perspective.
Paul n’a jamais eu conscience d’abandonner sa foi juive au moment où il adhérait au Christ Jésus, bien au contraire.
Mais il a changé radicalement de regard sur la personne de Jésus : le Crucifié du Vendredi saint n’était plus à ses yeux le maudit de Dieu, mais son Fils glorifié en raison de sa Passion, acceptée par amour pour nous.
Paul  a répondu à l’appel du Christ lui demandant d’annoncer l’Evangile  aux nations et d’y fonder des Eglises. Il fut aussi le penseur puissant qui a permis aux Pères de l’Eglise de bâtir sur ses écrits dogmes et théologie, au service des fidèles avides de comprendre le christianisme.
Source : diocèse de Marseille