Venez vivre la joie de la Réconciliation à Rochefort

A l’église St Louis de Rochefort samedi 26 mars de 9h30 à 12h30

  • 9h30 : – Rassemblement et lancement à l’église St Louis.
  • 9h45 : – Enseignement par le père Michaël Le Nézet sur la Miséricorde.
  • 10h15 : – Temps personnel de méditation.
  • De 10h30 à 12h30 : – Confessions individuelles.

Le sacrement de Réconciliation avec le pape François

Avant le VIe siècle

Un contexte marqué par les persécutions

C’est au IIIème siècle. que l’on trouve les premiers témoignages d’une pratique liturgique de l’Église concernant la réconciliation (on disait “confession – pénitence “) de ceux qui avaient péché gravement dans la perspective de la foi au Christ. A cette époque de persécutions féroces, conduisant souvent à la mort, parfois aux tortures, la pénitence ecclésiale concernait ceux qui avaient renié le Christ ou trahi leurs frères. Elle était offerte aux repentants comme un second baptême, une seconde chance, non renouvelable, pendant toute l’Antiquité.

Le pénitent venait donc trouver l’évêque, celui qui fait l’unité de l’Église au nom du Christ, pour être « réintégré » à la communauté. Il va supplier l’Eglise,  ses frères, de lui accorder leur pardon  pour avoir brisé l’unité, en invoquant la miséricorde infinie de Dieu. Selon la gravité de ses actes, et de son état, la pénitence sera adaptée au pénitent.

Une  célébration liturgique comportant des litanies pour la conversion de tous réunissait alors la communauté chrétienne.

La pénitence se vivait de façon concrète, cet état pouvait durer plusieurs années, rythmé par des assemblées de prière. Une fois la pénitence accomplie, une grande prière de l’évêque le jeudi Saint, rétablissait la communion;  il réintroduisait le pénitent au sein de l’Église.

La crise de la fin de l’Antiquité

Le contexte ayant changé, le processus ne fonctionne plus dès le Vème siècle. Plus personne n’est prêt à affronter l’état de pénitent avec tous ses interdits : en général sont interdites les relations conjugales, le commerce, la réception des successions, pour une durée limitée ou pour toute la vie.  L’Église y renoncera et abandonnera le principe de non-réitération de la réconciliation ecclésiale.

Entre le VII et le XIIème siècle.

La naissance de la confession privée

Cette nouvelle forme va faire son apparition dans le contexte monastique, marqué par la conversion quotidienne. Il s’agit de s’adresser non plus à  quelqu’un qui a renié sa foi (un apostat), mais à des chrétiens ordinaires ayant trébuché dans leur vie quotidienne. Les rituels de cette époque mettent l’accent sur la qualité de l’accueil du défaillant, du pécheur,, la prière commune et la confession de foi.

Des tarifs aux indulgences

L’idée est venue de proportionner la pénitence à la faute confessée.  La confession devint une science judiciaire fondée sur des manuels , comportant des barèmes, des “tarifs” détaillés. Les « tarifs » référencés dans les livres pénitentiels pouvaient imposer  des jeûnes, des pèlerinages, etc.  Et puis on vit apparaître « les rédemptions » qui permettaient de remplacer les peines sévères par une offrande financière, destinée à faire “dire” des messes,  ou à construire une chapelle, etc. . La route était ouverte au trafic des “indulgences”.

À partir du XIIIème siècle, vers une privatisation de la pénitence

Au XIIIème siècle, les tarifs ont totalement disparu.

En 1517  Luther s’élèvera contre le trafic des indulgences,  la basilique St Pierre de Rome était alors en construction, sous le pape Léon X.

Après le concile de Trente (1545-1563), la seule forme sacramentelle de la pénitence dans l’Église sera la confession privée dont la liturgie est réduite à sa plus simple expression. Avec le temps, pour beaucoup de chrétiens, la pénitence sera perçue comme une pratique rituelle, l’obligation d’une confession annuelle au moment du Carême. Heureusement, grâce à des pasteurs comme le curé d’Ars, la confession gardera son rôle fondamental au sein des paroisses.

1973 : La pénitence à un tournant,

 Le Groupe d’études pour le renouveau de la pénitence (GERP) constitué en 1973 par le Centre national de pastorale liturgique fera paraître en 1978 le nouveau rituel Célébrer : la pénitence et la réconciliation,  pour s’adapter aux réalités sociologiques.

Un monde où l’homme constate la modification de son univers social

Dans une société en rapide transformation, répéter les façons de faire des générations antérieures devient impossible, c’est particulièrement vrai dans un milieu rural désertifié, ou bien dans les banlieues dortoirs de grandes villes multiculturelles  Comment se mettre au service des familles, de la jeunesse ? Il y a là un vrai défi pour permettre à chacun de rester fidèle aux exigences de l’Évangile. Exigences modestes en regard du vrai bonheur, ici et plus tard, qu’apportent les Écritures et l’exemple du Christ.

Une culture marquée par le développement des sciences humaines et par des décisions “sociétales” en  contradiction avec la foi  chrétienne

La protection de la vie, du commencement à sa fin naturelle, la défense du mariage, unissant un homme et une femme, de la famille,  de la liberté scolaire, sont autant de défis que les chrétiens sont désormais appelés à relever, avec patience et charité, mais aussi avec clarté, en s’appuyant sur la fréquentation de l’Evangile et sur la parole du Magistère en ces domaines.

Sans oublier que l’exemple des chrétiens est le plus important; saint Jean-Paul II le rappelait sans cesse, le monde a besoin de témoins, plus que de prêcheurs.

Une nouvelle image de l’Église

Depuis le Concile Vatican II, l’Église s’est définie, avec insistance, comme le peuple de Dieu. Dès lors, pour le sacrement de pénitence, il s’agira d’insister sur le pardon mutuel, sur l’abandon de ses craintes, de son “respect humain” en plongeant dans les bras de Dieu, comme un enfant,  dans la prière. La liturgie revalorise  la préparation pénitentielle de la messe, le rite de paix, les pèlerinages, l’onction des malades,  la célébration des cendres…

Ainsi que l’Église a repensé son approche de la pénitence, condition indispensable de progrès spirituel pour tout chrétien.