Voyage pénitentiel du Pape au Canada

Du 24 au 30 juillet 2022, voyage du pape François au Canada.

Le Saint-Père a défini son voyage comme un « pèlerinage pénitentiel » auprès des peuples autochtones.

Evénement suivi en direct et traduit en français sur KTO et ktotv.com.

Pour son 37e voyage apostolique à l’étranger, le Pape visite les villes d’Edmonton, de Québec et la petite ville d’Iqaluit sur les terres inuites.

Ce voyage s’inscrit dans un long chemin de guérison et de réconciliation entre l’Eglise catholique et les autochtones indiens,  dans lequel le pape François s’est beaucoup investi.

Cette histoire est complexe, car l‘initiative de supprimer l’indianité au Canada  au profit de la culture anglo-saxonne, pour unifier la nation canadienne, provient du gouvernement canadien  anglophone, lui-même, à partir de 1830.

Les premières Églises  à avoir collaboré avec le pouvoir politique , à partir de 1830, furent  – anglicane – protestante méthodiste – méthodiste, puis catholique. Il est douloureux de constater l’aveuglement des autorités ecclésiastiques, et leur désir de ne pas déplaire au gouvernement canadien, au prix de la dignité, de la langue et de l’identité profonde des peuples qui vivaient au Canada, avant l’arrivée des colons français et anglais. Il convient également de souligner que le royaume de France et les missionnaires catholiques français ont eu un grand respect des Indiens, notamment des Hurons, leurs alliés, qu’ils ont favorisé les mariages mixtes et l’éducation des Indiens, sans les obliger à quoi que ce soit, et sans rejeter leurs traditions. On sait que la France a perdu le Canada au traité de Paris en 1763, le roi de France étant alors Louis XV.

De 1830 aux années 1960 le gouvernement fédéral canadien a voté et financé des programmes publics d’inclusion à tout prix des peuples autochtones en s’appuyant sur l’éradication de leur culture ancestrale et de leurs langues. Arracher les enfants à leurs tribus et familles a paru logique et efficace pour former des citoyens canadiens compatibles avec la culture anglo-saxonne. Le gouvernement décida de sous-traiter cette opération avec les Eglises chrétiennes qui disposaient de grandes capacités scolaires, internats, pensionnats  et de formateurs: pasteurs, sœurs, frères et prêtres. Les ordres religieux supervisaient alors 67 % des établissements du Canada, à savoir 139 pensionnats publics , les “écoles résidentielles” qui ont vu se succéder des générations d’enfants de peuples autochtones, appelés les Premières nations, comme les Inuits. 150 000 enfants ont ainsi été rééduqués, coupés de leurs familles et de leurs frères et sœurs, puisque la mixité n’existait pas à cette époque.  Dans ces conditions la mortalité de ces enfants a été importante puisqu’on l’estime entre 4 000 et 6 000 décès  A titre d’exemple, en 2021,  ont été découvertes 215 tombes, non recensées, près du pensionnat catholique de Kamloops près de Vancouver en Colombie-Britannique et 751 autres tombes anonymes près du pensionnat catholique de Marieval dans la province de Saskatchevan.

Le 24 septembre 2021 la Confédération des évêques catholiques du Canada a publiquement exprimé son “profond remord” et présenté ” des excuses  sans équivoque” devant tant de “souffrances vécues”.  Source : journal La Croix du samedi 23 juillet 2022.

Un voyage tourné vers les peuples autochtones du Canada

Au cours de l’Angélus du dimanche 17 juillet, le pape a confié qu’il s’apprêtait à « accomplir un pèlerinage pénitentiel qui pourra, je l’espère, avec la grâce de Dieu, contribuer au chemin de guérison et de réconciliation déjà entrepris » avec les populations autochtones.

Ce voyage au Canada s’inscrit dans un chemin de guérison et de réconciliation de l’Église auprès des peuples autochtones du Canada, entamé dès 2009 par Benoît XVI. Une démarche accélérée ces dernières années avec la découverte de centaines de dépouilles d’enfants à proximité d’orphelinats ou de pensionnats autochtones, majoritairement gérés par l’Église catholique entre 1831 et 1996, sous mandat du gouvernement canadien.

Le 1er avril dernier, le pape François a reçu des délégations des peuples autochtones. Durant cette audience, le Saint-Père a notamment demandé « pardon à Dieu pour les comportements des personnes de l’Église » et a exprimé douleur, honte et indignation. « Le travail vient juste vraiment de commencer », confiait alors Mandy Gull-Masty, grande cheffe de la nation Eeyou Istchee, « la réconciliation ne se fait pas en une journée, ça prend du temps… ».

Un voyage en trois étapes

Le Pape se rend dans les villes d’Edmonton, capitale de la province d’Alberta, de Québec, la capitale de la province francophone du même nom, et la ville d’Iqaluit, capitale du Nunavut, dans le grand nord du Canada. Ce voyage de six jours est la première visite d’un Souverain Pontife depuis Jean-Paul II, qui fut le premier pape à s’y rendre. La dernière visite du saint polonais s’était déroulée au cours d’un voyage apostolique sur le continent américain, à l’été 2002. Saint Jean-Paul II s’était alors rendu à Toronto pour les Journées mondiales de la Jeunesse.

Jeudi 28 juillet 2022

9h20 (15h20) – Messe avec le pape François au Sanctuaire National de Sainte-Anne-de-Beaupré
17h15 (23h15) – Vêpres avec les évêques, les prêtres, les religieux, les agents pastoraux de la province de Québec

Sur les rives du Saint-Laurent, à une trentaine de kilomètres de Québec, le Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré accueille le pape François. Le Saint-Père célèbre la messe dans ce lieu de pèlerinage qui accueille chaque année plus d’un million de personnes. De retour à Québec, le pape François célèbre les Vêpres avec les évêques, les prêtres, les religieux, les agents pastoraux de la province de Québec.

Vendredi 29 juillet 2022

10h45 (16h45) – Rencontre du Pape avec une délégation d’autochtones présents au Québec à l’archevêché de Québec
17h00 (23h00) – Rencontre du Pape avec des jeunes et des personnes âgées à l’école primaire d’Iqaluit

Après avoir rencontré la veille la communauté catholique du Québec, le pape François rencontre une délégation d’autochtones présents au Québec. Dans ce chemin de réconciliation et de guérison de l’Église auprès des peuples autochtones, le pape François se rend dans la journée à Iqaluit, ville majoritairement inuite, à trois heures de vol de Québec, au bord de l’océan arctique. Cette dernière étape de la visite apostolique sera marquée par une rencontre avec des anciens élèves d’un pensionnat autochtone.