Découvrons l’adoration eucharistique

Dimanche prochain le 6 juin 2021,  est la fête du St sacrement.

L’adoration du Saint-Sacrement, n’est-ce pas un peu dépassé ?

Les chrétiens croient en la présence réelle de Dieu dans l’hostie consacrée. À la messe, lorsque les paroles du Christ ont transformé le pain et le vin en son Corps et son Sang, Dieu est là en se rendant visible. Depuis le Moyen-Âge, les chrétiens adorent le Saint-Sacrement en dehors de la messe.

Il s’agit d’adorer Dieu qui est là devant nous, de se laisser enseigner par cette présence, l’Esprit Saint nous inspire de lui dire notre amour en lui révélant le fond de notre cœur.

Le Saint-Sacrement, c’est tout simplement le Christ présent dans l’hostie consacrée pendant la messe et non consommée.

Cette présence n’est pas symbolique mais véritable. Elle est présence active, offerte, c’est le visage de Dieu. Catholiques et orthodoxes s’accordent pour reconnaître dans le pain et le vin de la messe le Corps et le Sang du Christ.

Le concile Vatican II a voulu revenir à une conception différente de l’Eucharistie. C’est un mémorial, un repas, un sacrifice. Il a voulu signifier que Jésus n’est pas «prisonnier du tabernacle» et qu’il est aussi présent dans sa Parole (Bible) et à l’intérieur de chacun.

C’est vrai qu’aujourd’hui de nombreuses paroisses remettent en vigueur l’adoration du Saint-Sacrement. Et que beaucoup y trouvent de vraies joies spirituelles.  Il serait toutefois dommage que cette adoration soit déconnectée d’une célébration eucharistique. Elle devrait en être le prolongement et non un but en soi.

Ce n’est qu’au cours du XIIIe siècle que naît dans l’Eglise une dévotion centrée sur l’hostie : adoration eucharistique, procession du Saint Sacrement, Fête-Dieu.

Au Moyen Âge en Occident, à la différence de l’Orient, le mystère eucharistique est centré principalement sur le moment de la consécration, au détriment de l’ensemble de la prière eucharistique.
L’accent est donc mis avant tout sur « la présence réelle » du Christ.

Aujourd’hui, quel sens pouvons-nous donner à l’adoration eucharistique ?

– Reconnaissons que l’attitude d’adoration est fondamentale pour un croyant : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu ». Et parce que nous avons un corps, cette adoration s’exprime non seulement à travers la pensée, mais également à travers des gestes.
L’acte d’adoration par excellence est la messe elle même, la célébration eucharistique dans son ensemble : elle nous permet de nous unir à l’action de grâce du Christ qui s’offre à son Père pour le salut du monde, et de nous offrir avec Lui avec la force de l’Esprit Saint.
Ainsi, l’adoration eucharistique, qu’elle soit solennelle ou silencieuse, collective ou individuelle, est relative et n’a de sens que si elle renvoie à la messe : elle vise à prolonger en nous la démarche eucharistique.
L’hostie nous invite à un double mouvement : à la fois rejoindre et adorer le Christ Ressuscité, glorieux près du Père, mais aussi rejoindre l’ensemble de l’humanité pour laquelle le Christ s’est offert.

L’adoration eucharistique, même dans la solitude d’une chapelle, ne peut pas se limiter à un acte individuel : par le pain eucharistique, je rejoins le corps tout entier de mes frères humains, pour lequel le Christ est mort.

L’adoration eucharistique ne doit pas nous faire oublier les autres formes de présence du Christ : à travers sa Parole « celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le » ; dans la vie quotidienne « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » ; au coeur de chaque être humain « ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites ».

Mais comme nous le rappelle le concile Vatican II, l’Eucharistie est « source et sommet de toute vie chrétienne ». –  article du Père Jacques Midy,