Qu’est-ce que la fête de l’Assomption ?

La fête de l’Assomption célèbre la mort, la résurrection, l’entrée au ciel et le couronnement de la bienheureuse Vierge Marie.

 Une croyance, une fête, un dogme

Malgré le silence des Évangiles, les premiers chrétiens ont  reconnu la place éminente de Marie dans leur foi : n’est-elle pas la mère du Christ, Dieu et fils de Dieu. Ils se sont interrogés sur  ses derniers moments, et sur son passage au ciel, pour rejoindre son enfant. À cause du caractère unique de sa coopération au salut du monde, Jésus étant le seul sauveur,  la croyance s’est répandue  en  son « endormissement » – sa Dormition. Effleurée par la mort inévitable, Marie monte  corps et âme, au paradis, sans connaître la corruption.

La fête exprime cette croyance :  chaque 15 août, les chrétiens célèbrent à la fois la mort, la résurrection, l’entrée au paradis et le couronnement de la Vierge Marie.

En 1950, le pape Pie XII donne  une définition claire :

« La Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort ». Cette définition fait partie des dogmes de l’Église.

L’Assomption de Marie dans le sillage de l’Ascension du Christ

l’Assomption de Marie fait penser à l’Ascension du Christ ; de fait, les mots se ressemblent et il y a dans les deux cas une montée mystérieuse au ciel dans la gloire de Dieu. Pourtant, « assomption » ne vient pas du verbe latin « ascendere » (monter, s’élever), qui a donné « Ascension », mais d’« assumere » (prendre en charge). L’étymologie souligne l’initiative divine : Marie ne s’élève pas toute seule vers le ciel, c’est Dieu qui la prend, corps et âme, pour la réunir à son Fils sans attendre la résurrection finale promise dans le Credo.

Marie anticipe le destin ouvert aux hommes par la résurrection de son Fils, à la fin des temps.

La fête de l’Assomption entretient l’espérance

La liturgie de l’Assomption célèbre Marie comme la « transfigurée » : elle est auprès de Jésus avec son corps glorieux et pas seulement avec son âme ; ainsi, le Christ illustre sa  victoire sur la mort.

Marie réalise ainsi le but pour lequel Dieu a créé et sauvé les hommes. En la fêtant, les croyants contemplent ce qui leur est promis, s’ils font le choix de suivre  le  Christ.

Enfin, cette contemplation renforce  la confiance dans l’intercession de Marie : qui  guide et soutien..

D’après le père Laurent de Villeroché, eudiste

Les manifestations pour les 14 et 15 août 2019 dans le diocèse

La Rochelle – Mercredi 14 août 2019 à 20:45 en l’église Notre Dame.
Procession aux flambeaux en l’honneur de l’Assomption de la Vierge Marie, à pied depuis l’église Notre-Dame jusqu’à la cathédrale Saint-Louis. A la fin de la procession jusqu’à la cathédrale, sera célébré l’office des vigiles de l’Assomption. Animation par les Sœurs de la Fraternité Monastique de Jérusalem.

La Rochelle – Jeudi 15 août 2019 à 11:00, chapelle de Lauzières (Nieul sur Mer)
Procession à 11:00 jusqu’à la côte, en partant de la chapelle.
Bénédiction de la mer.
Verre de l’amitié au retour, sur le parvis de la chapelle, vers 12 h.


Rochefort – 

Ile d’Aix – Jeudi 15 août 2019 à
16:30 – messe célébrée par le Père Cassegrain Place d’Austerlitz
17:45 – bénédiction / gerbe en mer / hommage aux disparus en mer Port (cale/Belvédère) : vedette « Pierre Fleury » SNSM / parade nautique des voiliers du CNIA et des bateaux de l’Ile d’Aix
18:10 : procession du port à l’église


Royan – Mercredi 14 août 2019, deux départs sont possibles

  • 20:30 – temps de louange dans l’église Notre-Dame et mise en route de la procession à 21 h 30.
  • 21:30 – départ de l’esplanade qui surplombe la plage de Foncillon.
    Après la bénédiction de la mer et des marins, la procession mariale rejoindra l’église Notre-Dame où elle se terminera par l’office des complies et le chant du Salve Regina.

Saintes – Mercredi 14 août 2019 à


La Plaine d’Aunis – Mercredi 14 août 2019 à 21:00 au Port du Pavé à Charron.
Bénédiction de la mer, et procession mariale aux Flambeaux au Port du Pavé à Charron vers une Statue de la Vierge Marie, rue des Groies à Charron.


Haute Saintonge – Jeudi 15 août 2019 à 20:00 à Aulnay
Procession de l’Assomption. Départ Paroisse Notre-Dame de Saintonge , 4 cour à Madame (Aulnay)

6Oè anniversaire de la création du pèlerinage à Notre-Dame des Champs


Concert piano classique

Dimanche 18 août à 21h à l’église Notre Dame (durée : 1 heure)

Solène PÉRÉDA, pianiste

– Au programme : – Chopin, Beethoven, Haendel, Bach …

Participation libre

 

Biographie :

Issue d’une famille d’origine espagnole, Solène Péréda débute le piano à l’âge de 4 ans à Fontainebleau.

 Après Paris, New York, Bogota, Bruxelles, Dublin, Solène s’installe en 2015 à Saint- Nazaire pour continuer ses recherches d’interprétations sur piano moderne et ancien et son travail de musique de chambre avec différents partenaires.

À 10 ans, souhaitant se perfectionner dans le piano, Solène reçoit les précieux conseils de Giselle Magnan et Émile Naoumoff.

 Puis, la musicienne entre au conservatoire de Paris avec Pierre Reach. Elle participe à plusieurs master class avec Claire Désert.

C’est au conservatoire royal supérieur de Bruxelles avec Jean-Claude Vanden Eynden, Éliane Reyes, Nicolas Bacri, Guillaume Connesson, Muhiddin Dürrüoglu et au conservatoire supérieur de Dublin avec Thérèse Fahy que Solène se professionnalise…  Elle rencontre également Matti Raekallio à la Julliard School de New York et est acceptée dans la classe de Zoltan Kocsis au Conservatoire Supérieur Liszt de Budapest.

 La pianiste est lauréate de différents prix internationaux: Médaille d’Or du Conservatoire National de Paris en 2009, Premier Prix au Concours Musical de France, Prix Étranger du Concours International d’Andalousie en 2008, Premier Prix au Concours International de Vulaines…

Solène obtient en 2015 un master en interprétation, un master en didactique et l’agrégation de l’Enseignement Supérieur en piano, musique de chambre et pédagogie (recherches sur l’importance du cognitif dans la musique) des Conservatoires Royaux de Bruxelles et Dublin.

 La concertiste a participé à différents festivals: La Folle Journée en Région (La Roche sur Yon), Festival de la Valbonne (Avignon) , Festival de Visé (Belgique), Le Printemps des Fameuses (Nantes). Elle a également participé aux enregistrements avec Radio France sur les écrits de Marguerite Duras.

 Solène Péréda se produit sur 80 concerts en soliste par an sur toute la côte atlantique (de St- Brieux à Hossegor), en passant par la capitale française: Paris.

Passionnée par le répertoire français, elle propose à de rares occasions des concerts sur un piano de concert Pleyel de 1917 (piano de Debussy, Ravel). Concerts qui se sont rapidement imposés dans le paysage musical par le son unique de l’instrument.

Ses choix de programme témoigne l’envie d’explorer les évolutions stylistiques de l’époque baroque à l’époque moderne. Une expérience humaine et artistique où virtuosité et musicalité vous feront redécouvrir les grandes œuvres universelles de la musique classique.

Le « merci » du pape François aux prêtres

Dimanche 4 août 2019

Lettre pour la fête du saint Curé d’Ars (Texte intégral)

Le pape François adresse un « merci » tout spécial aux prêtres du monde : il leur a envoyé une lettre pour le 160e anniversaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney, Curé d’Ars (1786-1859), ce 4 août 2019. La reconnaissance est « une arme puissante », estime-t-il en rendant hommage à tous ceux qui « si souvent, de manière inaperçue et sacrifiée, dans la lassitude ou la fatigue, la maladie ou la solitude, (assument) la mission au service de Dieu et de son peuple et, même avec toutes les difficultés du chemin, (écrivent) les pages les plus belles de la vie sacerdotale ».

En ces temps où éclate la crise des abus, où parfois les prêtres « se sentent ridiculisés et “culpabilisés” en raison de crimes qu’ils n’ont pas commis », le pape formule des gratitudes : « Chers frères, merci pour votre fidélité aux engagements pris… Merci pour la joie avec laquelle vous avez su donner vos vies… Merci pour le témoignage de persévérance et d’‘‘endurance’ dans l’engagement pastoral… Merci de célébrer chaque jour l’Eucharistie et de faire paître avec miséricorde dans le sacrement de la réconciliation, sans rigorisme, ni laxisme… Merci d’oindre et d’annoncer à tous, avec enthousiasme, ‘‘à temps et à contretemps’’ l’Évangile de Jésus Christ. »

« Merci pour toutes les fois où, en vous laissant émouvoir jusqu’aux entrailles, vous avez accueilli les personnes tombées, soigné leurs blessures en donnant de la chaleur à leurs cœurs, en manifestant tendresse et compassion », ajoute le pape, qui insiste : « La douleur de tant de victimes, la douleur du Peuple de Dieu, comme la nôtre, ne peut pas être vaine… Rien n’est plus urgent que ceci: proximité, être-avec, nous faire proches de la chair du frère souffrant. Que cela fait du bien l’exemple d’un prêtre qui se fait proche et qui ne fuit pas les blessures de ses frères! »

Le pape François recommande la « reconnaissance », qui est toujours une ‘‘arme puissante’’ : « Ce n’est qu’en étant à même de contempler et d’apprécier concrètement tous les gestes d’amour, de générosité, de solidarité et de confiance, ainsi que de pardon, de patience, d’endurance et de compassion avec lesquels nous avons été traités que nous laisserons l’Esprit nous offrir cet air frais capable de renouveler (et non de rapiécer) notre vie et notre mission. »

« Ces derniers temps nous avons pu entendre avec davantage de clarté le cri, souvent silencieux et réduit au silence, de nos frères victimes d’abus de pouvoir, d’abus de conscience et d’abus sexuel de la part de ministres ordonnés », souligne-t-il encore en affirmant : « nous voulons aujourd’hui que la conversion, la transparence, la sincérité et la solidarité avec les victimes deviennent notre manière de faire l’histoire et nous aide à être plus attentifs à toute souffrance humaine. »

Au fil du long texte, le pape François invite à « ne pas négliger » le lien avec Jésus et le lien avec le peuple : « Ne pas s’isoler des gens et des prêtres ou des communautés. Encore moins se cloîtrer dans des groupes fermés et élitistes. »

Lettre du pape aux prêtres

A mes frères prêtres.

Chers frères,

Nous fêtons les 160 ans de la mort du Saint Curé d’Ars que Pie XI a présenté comme patron de tous les curés du monde[1]. Je veux vous écrire cette lettre en sa fête, non seulement aux curés, mais aussi à vous tous, frères prêtres qui, sans faire de bruit, “quittez” tout pour vous engager dans la vie quotidienne de vos communautés. A vous qui, comme le Curé d’Ars, travaillez dans la “tranchée”, portez sur vos épaules le poids du jour et de la chaleur (cf. Mt 20, 12) et, exposés à d’innombrables situations, “y prenez des risques” quotidiennement et sans vous donner trop d’importance, afin de prendre soin du Peuple de Dieu et de l’accompagner. Je m’adresse à chacun de vous qui, si souvent, de manière inaperçue et sacrifiée, dans la lassitude ou la fatigue, la maladie ou la solitude, assumez la mission au service de Dieu et de son peuple et, même avec toutes les difficultés du chemin, écrivez les pages les plus belles de la vie sacerdotale.

Il y a quelque temps je manifestais aux évêques italiens ma préoccupation que nos prêtres, en de nombreuses régions, se sentent ridiculisés et “culpabilisés” en raison de crimes qu’ils n’ont pas commis. Et je leur disais qu’il fallait qu’ils trouvent en leur évêque la figure du frère aîné et du père qui les encourage en ces temps difficiles, les stimule et les soutient en chemin[2].

Comme frère aîné et comme père, je désire moi aussi être proche, en premier lieu pour vous remercier au nom du saint Peuple fidèle de Dieu de tout ce qu’il reçoit de vous et, en retour, vous encourager à renouveler ces paroles que le Seigneur a prononcées avec tellement de tendresse le jour de notre ordination et qui constituent la source de notre joie:«Je ne vous appelle plus serviteurs… je vous appelle mes amis » (Jn 15, 15)[3].

SOUFFRANCE
«J’ai vu la misère de mon peuple » (Ex 3, 7)

Ces derniers temps nous avons pu entendre avec davantage de clarté le cri, souvent silencieux et réduit au silence, de nos frères victimes d’abus de pouvoir, d’abus de conscience et d’abus sexuel de la part de ministres ordonnés. Sans aucun doute, c’est un temps de souffrance dans la vie des victimes qui ont subi différentes formes d’abus; c’est également le cas pour leurs familles et pour tout le peuple de Dieu.

Comme vous le savez, nous sommes fermement engagés dans la mise en application des réformes nécessaires pour stimuler, dès la racine, une culture basée sur la sollicitude pastorale, de manière à ce que la culture de l’abus ne trouve pas d’espace pour se développer et encore moins, se perpétuer. Ce n’est pas une tâche facile et à court terme, elle demande l’engagement de tous. Si, par le passé, l’omission a pu se transformer en une forme de réponse, nous voulons aujourd’hui que la conversion, la transparence, la sincérité et la solidarité avec les victimes deviennent notre manière de faire l’histoire et nous aide à être plus attentifs à toute souffrance humaine[4].

Cette souffrance n’est pas non plus indifférente aux prêtres. J’ai pu le constater lors des différentes visites pastorales tant dans mon diocèse que dans d’autres où j’ai eu l’occasion d’avoir des rencontres et des discussions personnelles avec des prêtres. Beaucoup d’entre eux m’ont manifesté leur indignation pour ce qui est arrivé, et aussi une certaine impuissance puisqu’« en plus de l’effort du dévouement, ils ont vécu la souffrance qu’engendrent la suspicion et la remise en cause, ayant pu provoquer chez quelques-uns ou beaucoup le doute, la peur et le manque de confiance»[5]. Nombreuses sont les lettres de prêtres qui partagent cette sensation. D’autre part, il est réconfortant de rencontrer des pasteurs qui, en constatant et en prenant connaissance de la souffrance des victimes et du Peuple de Dieu, se mobilisent, cherchent des mots et des chemins d’espérance.

Sans nier ni rejeter le dommage causé par quelques-uns de nos frères, il serait injuste de ne pas être reconnaissant pour tant de prêtres qui, de manière constante et honnête, donnent tout ce qu’ils sont et ce qu’ils possèdent pour le bien des autres (cf. 2 Co 12, 15) et développent une paternité spirituelle capable de pleurer avec ceux qui pleurent. Ils sont innombrables les prêtres qui font de leur vie une œuvre de miséricorde, dans des régions ou dans des situations si souvent inhospitalières, éloignées ou abandonnées, même au risque de leur propre vie. Je salue et j’apprécie votre courageux et constant exemple qui, dans des moments de trouble, de honte et de souffrance, nous montre que vous continuez à prendre des risques avec joie pour l’Evangile[6].

Je suis convaincu que, dans la mesure où nous sommes fidèles à la volonté de Dieu, les temps de purification de l’Eglise que nous vivons nous rendront plus heureux et plus simples, et seront, dans un avenir proche, très féconds. «Ne nous décourageons pas! Le Seigneur est en train de purifier son Epouse et il nous convertit tous à Lui. Il nous fait faire l’expérience de l’épreuve, afin que nous comprenions que sans Lui nous sommes poussière. Il est en train de nous sauver de l’hypocrisie et de la spiritualité des apparences. Il souffle son Esprit pour redonner la beauté à son Epouse, surprise en flagrant délit d’adultère. Cela nous fera du bien de lire aujourd’hui le chapitre 16 d’Ezéchiel. C’est l’histoire de l’Eglise. C’est mon histoire, peut dire chacun de nous. Et à la fin, mais à travers ta honte, tu continueras à être le pasteur. Notre humble repentir, qui reste silencieux, dans les larmes, face à la monstruosité du péché et à l’insondable grandeur du pardon de Dieu, cet humble repentir est le début de notre sainteté »[7].

GRATITUDE
«Je ne cesse pas de rendre grâce, quand je fais mémoire de vous» (Ep 1, 16)

Plus qu’un choix de notre part, la vocation est la réponse à un appel gratuit du Seigneur. Il est bon de revenir inlassablement sur ces passages de l’Évangile où nous voyons Jésus prier, choisir et appeler des disciples pour être «avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle» (Mc 3, 14).

Je voudrais ici faire mémoire d’un grand maître de la vie sacerdotale dans mon pays natal, le père Lucio Gera, qui, parlant à un groupe de prêtres à une époque de diverses épreuves en Amérique Latine, leur disait: ‘‘Toujours, mais surtout dans les moments d’épreuves, nous devons retourner à ces moments lumineux où nous faisons l’expérience de l’appel du Seigneur à consacrer toute notre vie à son service’’. C’est ce que j’aime appeler ‘‘la mémoire deutéronomique de la vocation’’ qui nous permet de revenir «à ce point incandescent où la grâce de Dieu m’a touché au début du chemin. C’est à cette étincelle que je peux allumer le feu pour aujourd’hui, pour chaque jour, et porter chaleur et lumière à mes frères et à mes sœurs. À cette étincelle s’allume une joie humble, une joie qui n’offense pas la douleur et le désespoir, une joie bonne et douce»[8].

Un jour, nous avons prononcé un ‘‘oui’’ qui est né et a grandi au sein d’une communauté chrétienne grâce à ces saints «de la porte d’à côté»[9] qui nous ont montré avec une foi simple qu’il valait la peine de tout donner pour le Seigneur et pour son Royaume. Un ‘‘oui’’ dont la portée a eu et aura une importance si inconcevable que bien souvent nous n’arriverons pas à imaginer tout le bien qu’il fut et qu’il est capable de générer. Que c’est beau, quand un prêtre âgé se voit entouré et visité par ces petits – déjà adultes – qu’il a baptisés enfants et qui, avec gratitude, viennent lui présenter leur famille! Nous découvrons là que nous avons été oints pour oindre et que l’onction de Dieu ne déçoit jamais, ce qui me fait dire avec l’Apôtre: « Je ne cesse pas de rendre grâce, quand je fais mémoire de vous » (Ep 1, 16) et de tout le bien que vous faites.

Dans les moments de tribulation, de fragilité, comme dans les moments de faiblesse et de manifestation de nos limites, quand la pire de toutes les tentations, est de rester à ruminer le désespoir[10] en fractionnant le regard, le jugement et le cœur, en ces moment-là, il est important – j’irais même jusqu’à dire crucial – non seulement de ne pas perdre la mémoire reconnaissante du passage du Seigneur dans notre vie, la mémoire de son regard miséricordieux qui nous a invités à miser sur lui et sur son peuple, mais aussi d’avoir le courage de la faire passer dans nos actes et avec le psalmiste à pouvoir entonner notre propre chant de louange, car «éternelle est sa miséricorde» (Ps 135).

La reconnaissance est toujours une ‘‘arme puissante’’. Ce n’est qu’en étant à même de contempler et d’apprécier concrètement tous les gestes d’amour, de générosité, de solidarité et de confiance, ainsi que de pardon, de patience, d’endurance et de compassion avec lesquels nous avons été traités que nous laisserons l’Esprit nous offrir cet air frais capable de renouveler (et non de rapiécer) notre vie et notre mission. Comme chez Pierre le matin de la ‘‘pêche miraculeuse’’, que la conscience de tant de bien reçu fasse jaillir en nous la capacité d’émerveillement et de gratitude qui nous porte à déclarer :« Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur» (Lc 5, 8). Et écoutons une fois de plus de la bouche du Seigneur son appel: «Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras» (Lc 5, 10), car « éternelle est sa miséricorde» (Ps 135).

Chers frères, merci pour votre fidélité aux engagements pris. Il est significatif que, dans une société et dans une culture qui a transformé ‘‘le superficiel’’ en valeur, il existe des personnes qui risquent et cherchent à assumer des engagements réclamant toute la vie. Nous disons en substance que nous continuons de croire en Dieu qui n’a jamais rompu son alliance, alors même que nous l’avons rompue un nombre incalculable de fois. Cela nous invite à célébrer la fidélité de Dieu qui ne cesse pas de faire confiance, de croire et de prendre des risques, malgré nos limites et nos péchés, et nous invite à faire de même. Conscients de porter un trésor dans des vases d’argile (cf. 2 Co 4, 7), nous savons que le Seigneur triomphe dans la faiblesse (cf. 2 Co 12, 9), qu’il ne cesse pas de nous soutenir et de nous appeler, en nous donnant cent pour un (cf. Mc 10, 29-30), car «éternelle est sa miséricorde».

Merci pour la joie avec laquelle vous avez su donner vos vies, révélant un cœur qui au cours des années, a lutté et lutte pour ne pas se rétrécir et s’aigrir mais pour être, au contraire, chaque jour élargi par l’amour de Dieu et de son peuple, un cœur que le temps n’a pas rendu aigre mais a bonifié toujours davantage, comme le bon vin, car «éternelle est sa miséricorde».

Merci de vous efforcer de renforcer les liens de fraternité et d’amitié dans le presbyterium et avec votre évêque, en vous soutenant mutuellement, en prenant soin de celui qui est malade, en allant à la recherche de celui qui s’est isolé, en appréciant et en apprenant la sagesse de l’ancien, en partageant les biens, en sachant rire et pleurer ensemble. Combien sont nécessaires ces espaces! Et même en étant constants et persévérants quand vous avez dû affronter une mission difficile ou encourager un frère à assumer ses responsabilités, car «éternelle est sa miséricorde».

Merci pour le témoignage de persévérance et d’‘‘endurance’’ (hypomoné) dans l’engagement pastoral qui bien des fois, nous conduit, poussés par la parresía du pasteur[11], à lutter avec le Seigneur dans la prière, comme Moïse dans cette intercession courageuse et risquée pour le peuple (cf. Nb 14, 13-19; Ex 32, 30-32; Dt 9, 18-21), car «éternelle est sa miséricorde».

Merci de célébrer chaque jour l’Eucharistie et de faire paître avec miséricorde dans le sacrement de la réconciliation, sans rigorisme, ni laxisme, en prenant en charge les personnes et en les accompagnant sur le chemin de conversion vers la vie nouvelle que le Seigneur nous offre à tous. Nous savons que, grâce aux marches de la miséricorde, nous pouvons descendre jusqu’aux profondeurs de notre condition humaine – fragilité et péchés inclus – et, en même temps, toucher le sommet de la perfection divine: «Soyez miséricordieux […] comme votre Père est miséricordieux»[12]. Et nous pouvons ainsi être «capables de réchauffer le cœur des personnes, de marcher avec elles dans la nuit, de savoir dialoguer et même de descendre dans leur nuit et dans leur obscurité sans se perdre»[13], car «éternelle est sa miséricorde».

Merci d’oindre et d’annoncer à tous, avec enthousiasme, ‘‘à temps et à contretemps’’ (cf. 2Tm 4, 2) l’Évangile de Jésus Christ, en sondant le cœur de vos communautés respectives «pour chercher où est vivant et ardent le désir de Dieu, et aussi où ce dialogue, qui était amoureux, a été étouffé ou n’a pas pu donner de fruit»[14], car « éternelle est sa miséricorde».

Merci pour toutes les fois où, en vous laissant émouvoir jusqu’aux entrailles, vous avez accueilli les personnes tombées, soigné leurs blessures en donnant de la chaleur à leurs cœurs, en manifestant tendresse et compassion comme le samaritain de la parabole (cf. Lc 10, 25-37). Rien n’est plus urgent que ceci: proximité, être-avec, nous faire proches de la chair du frère souffrant. Que cela fait du bien l’exemple d’un prêtre qui se fait proche et qui ne fuit pas les blessures de ses frères![15] C’est le reflet du cœur du pasteur qui a appris la saveur spirituelle de se sentir un avec son peuple[16], qui n’oublie pas qu’il vient de ce peuple et que ce n’est qu’à son service qu’il trouvera et pourra déployer sa plus authentique et pleine identité qui lui fait adopter un style de vie austère et simple, sans accepter des privilèges qui n’ont pas la saveur de l’Évangile, car «éternelle est sa miséricorde».

Rendons grâce également pour la sainteté du Peuple fidèle de Dieu que nous sommes invités à faire paître, et à travers lequel le Seigneur nous fait paître nous aussi et préserve le don de pouvoir contempler ce peuple dans ces «parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire. Dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté de l’Église militante »[17]. Rendons grâce pour chacun d’entre eux et laissons-les nous aider et nous encourager par leur témoignage, car «éternelle est sa miséricorde».

COURAGE
«Je combats pour que leurs cœurs soient remplis de courage» (Col 2,2)

Mon deuxième grand désir, en me faisant l’écho des paroles de saint Paul, est de vous conduire à renouveler notre courage sacerdotal, fruit avant tout de l’action de l’Esprit Saint dans nos vies. Face à des expériences douloureuses, nous avons tous besoin de réconfort et d’encouragement. La mission à laquelle nous avons été appelés ne nous entraine pas à être immunisés contre la souffrance, la douleur et même l’incompréhension[18]; au contraire, elle nous pousse à les regarder en face et à les assumer pour laisser le Seigneur les transformer et nous configurer toujours plus à Lui. «Au fond, l’absence de la reconnaissance sincère, douloureuse et priante de nos limites est ce qui empêche la grâce de mieux agir en nous, puisqu’on ne lui laisse pas de place pour réaliser ce bien possible qui s’insère dans un cheminement sincère et réel de croissance»[19].

Un bon ‘‘test’’ pour connaitre comment est notre cœur de pasteur est de nous demander comment nous réagissons face à la douleur. Souvent on peut agir comme le lévite ou le prêtre de la parabole qui font un détour et ignorent l’homme tombé (Lc 10,31). D’autres s’en approchent mal, ils l’intellectualisent en se réfugiant en des lieux communs: ‘‘la vie est ainsi’’, ‘‘on ne peut rien faire’’, donnant lieu au fatalisme et au désespoir; ou ils s’en approchent avec un regard sélectif qui ne génère qu’isolement et exclusion. «Comme le prophète Jonas, nous avons en nous la tentation latente de fuir vers un endroit sûr qui peut avoir beaucoup de noms : individualisme, spiritualisme, repli dans de petits cercles, …»[20] lesquels, loin de faire que nos entrailles soient touchées, finissent par nous détourner de nos propres blessures, de celles des autres, et par conséquent, des plaies de Jésus[21].

Dans cette même ligne, j’aimerais signaler une autre attitude subtile et dangereuse qui, comme aimait le dire Bernanos, est «le plus apprécié des élixirs du démon»[22] et la plus nocive pour ceux d’entre nous qui veulent servir le Seigneur, parce qu’elle sème le découragement, le sentiment d’abandon et conduit au désespoir[23]. Déçus par la réalité, par l’Eglise et par nous-mêmes, nous pouvons vivre la tentation de nous attacher à une douce tristesse, que les pères de l’Orient appelaient acédie. Le cardinal Tomáš Špidlίk disait: «Si la tristesse nous assaille à cause de la vie comme elle est, de la compagnie des autres, parce que nous sommes seuls, alors il y a toujours quelque manque de foi en la Providence de Dieu et en son œuvre. La tristesse paralyse le courage à poursuivre le travail et la prière, nous rend antipathiques pour ceux qui vivent à côté de nous. Les auteurs monastiques qui consacrent une longue description à ce vice l’appellent le pire ennemi de la vie spirituelle»[24].

Nous connaissons cette tristesse qui porte à l’accoutumance et conduit peu à peu à la naturalisation du mal et de l’injustice avec le faible murmure du ‘‘on a toujours fait ainsi’’. Tristesse qui rend stérile toute tentative de transformation et de conversion en propageant ressentiment et animosité. « Ce n’est pas le choix d’une vie digne et pleine, ce n’est pas le désir de Dieu pour nous, ce n’est pas la vie dans l’Esprit qui jaillit du cœur du Christ ressuscité» et pour laquelle nous avons été appelés[25]. Frères, quand cette douce tristesse menace de prendre prise sur nos vies ou sur nos communautés, demandons et faisons demander à l’Esprit qu’il «vienne nous réveiller, nous secouer dans notre sommeil, nous libérer de l’inertie. Affrontons l’accoutumance, ouvrons bien les yeux et les oreilles, et surtout le cœur, pour nous laisser émouvoir par ce qui se passe autour de nous et par le cri de la Parole vivante et efficace du Ressuscité »[26].

Permettez-moi de le répéter, nous avons tous besoin de la consolation et de la force de Dieu et de nos frères dans les temps difficiles. A nous tous sont utiles ces paroles de saint Paul à ses communautés: «Aussi, je vous demande de ne pas vous décourager devant les épreuves » (Ep 3,13); «Je combats pour que leurs cœurs soient remplis de courage » (Col 2,2), et ainsi être en mesure d’accomplir la mission que chaque matin le Seigneur nous offre: transmettre «une bonne nouvelle, une joie pour tout le peuple» (Lc 2,10). Mais, ceci, non comme une théorie ou une connaissance intellectuelle ou morale de ce qui devrait être, mais comme des hommes qui au milieu de la douleur ont été transformés et transfigurés par le Seigneur, et comme Job, parviennent à s’exclamer: «C’est par ouï-dire que je te connaissais, mais maintenant mes yeux t’ont vu» (Jb 42,5). Sans cette expérience fondatrice, tous nos efforts nous conduisent au chemin de la frustration et du désenchantement.

Au long de notre vie, nous avons pu contempler comment «avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours»[27]. Bien qu’il y ait différentes étapes dans cette expérience, nous savons qu’au-delà de nos fragilités et de nos péchés, Dieu toujours «nous permet de relever la tête et de recommencer, avec une tendresse qui ne nous déçoit jamais et qui peut toujours nous rendre la joie»[28]. Cette joie ne naît pas de nos efforts volontaristes ou intellectuels mais de la confiance de savoir que les paroles de Jésus à Pierre sontencore actuelles: dans les moments où vous êtes secoués, n’oubliez pas que «j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas » (Lc 22,32). Le Seigneur est le premier à prier et à combattre pour vous et pour moi. Et il nous invite à entrer pleinement dans sa prière. Il peut même y avoir des moments où nous devons nous plonger dans «la prière de Gethsémani, la plus humaine et la plus dramatique des prières de Jésus (…). Il y a supplique, tristesse, angoisse, presque une désorientation (Mc 14, 33ss)»[29].

Nous savons qu’il n’est pas facile de demeurer devant le Seigneur et de le laisser scruter nos vies, guérir notre cœur blessé et laver nos pieds imprégnés de la mondanité qui y a adhéré en chemin et qui nous empêche de marcher. Dans la prière nous faisons l’expérience de notre bienheureuse pauvreté qui nous rappelle que nous sommes des disciples nécessiteux de l’aide du Seigneur et qui nous libère de cette tendance «prométhéenne de ceux qui, en définitive, font confiance uniquement à leurs propres forces et se sentent supérieurs aux autres parce qu’ils observent des normes déterminées»[30].

Frères, Jésus plus que jamais connaît nos efforts et nos réussites, ainsi que nos échecs et nos mésaventures. Il est le premier à nous dire: «Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme » (Mt 11, 28-29).

Dans une prière comme celle-ci nous savons que nous ne sommes jamais seuls. La prière du pasteur est une prière habitée tant par l’Esprit «qui crie «Abba!», c’est-à-dire: Père! » (Ga 4,6) que par le peuple qui lui a été confié. Notre mission et notre identité se comprennent à partir de ce double lien.

La prière du pasteur se nourrit et s’incarne dans le cœur du Peuple de Dieu. Elle porte les marques des blessures et des joies du peuple qu’elle présente dans le silence au Seigneur pour les oindre avec le don du Saint Esprit. C’est l’espérance du pasteur qui fait confiance et se bat afin que le Seigneur guérisse notre fragilité personnelle et celle de notre peuple. Mais ne perdons pas de vue que c’est précisément dans la prière du Peuple de Dieu que s’incarne et trouve place le cœur du pasteur. Ceci nous libère tous de chercher ou de vouloir des réponses faciles, rapides et préfabriquées, en permettant au Seigneur que ce soit Lui (et non nos recettes et nos priorités) qui montre un chemin d’espérance. Ne perdons pas de vue que dans les moments les plus difficiles de la communauté primitive, tel que nous le lisons dans le livre des Actes des Apôtres, la prière est devenue le véritable protagoniste.

Frères, reconnaissons notre fragilité, oui, mais laissons Jésus la transformer et nous pousser encore et encore à la mission. Ne perdons pas la joie de nous sentir ‘‘brebis’’, de savoir qu’il est notre Seigneur et notre Pasteur.

Pour maintenir courageux le cœur, il est nécessaire de ne pas négliger ces deux liens constitutifs de notre identité: le premier, avec Jésus. Chaque fois que nous nous séparons de Jésus ou que nous négligeons la relation avec Lui, peu à peu notre réserve s’assèche et notre lampe à court d’huile n’est plus capable d’illuminer la vie (cf Mt 25, 1-13): «De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. (…) en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 4-5). En ce sens, je vous encourage à ne pas négliger l’accompagnement spirituel, à avoir un frère avec qui parler, confronter, discuter et discerner, en pleine confiance et transparence, son propre chemin; un frère sage avec qui vivre l’expérience de se savoir disciple. Le chercher, le trouver et profiter de la joie de vous laisser guider, accompagner et conseiller. C’est une aide irremplaçable pour pouvoir vivre le ministère en faisant la volonté du Père (Cf. Hb 10,9) et laisser le cœur battre avec «les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2,5). Qu’elles nous font du bien les paroles de l’Ecclésiaste «Mieux vaut être deux qu’un seul… S’ils tombent, l’un relève l’autre. Malheur à l’homme seul: s’il tombe, personne ne le relève» (4,9-10).

L’autre lien constitutif: faire croître et alimenter le lien avec votre peuple. Ne pas s’isoler des gens et des prêtres ou des communautés. Encore moins se cloîtrer dans des groupes fermés et élitistes. Ceci, dans le fond, asphyxie et envenime l’âme. Un ministre aimé est un ministre toujours en sortie; et ‘‘être en sortie’’ nous conduit à marcher «parfois devant, parfois au milieu, parfois derrière: devant, pour guider la communauté, au milieu pour mieux la comprendre, l’encourager et la soutenir; derrière, pour la maintenir unie et qu’elle n’aille jamais trop en arrière…et parfois pour d’autres raisons: parce que le peuple ‘‘sent’’. Il a un sens de l’odorat dans la recherche de nouveaux chemins pour marcher, il a le ‘‘sensus fidei’’ (cf LG 12). Existe-t-il quelque chose de plus beau?»[31]. Jésus même est le modèle de cette option évangélisatrice qui nous introduit dans le cœur du peuple. Que cela nous fait du bien de le voir au milieu de tous! La passion de Jésus sur la croix n’est rien de plus que l’aboutissement de ce style évangélisateur qui caractérise toute son existence.

Frères, la douleur de tant de victimes, la douleur du Peuple de Dieu, comme la nôtre, ne peut pas être vaine. C’est Jésus même qui prend tout ce poids sur sa croix et nous invite à renouveler notre mission pour être proche de ceux qui souffrent, pour être, sans honte, proches de la misère humaine et, pourquoi pas, les vivre comme nôtres pour les faire eucharistie[32]. Notre temps, marqué par de vieilles et de nouvelles blessures nécessite que nous soyons artisans de relation et de communion, ouverts, confiants et attendant la nouveauté que le Royaume de Dieu veut susciter aujourd’hui. Un Royaume de pécheurs pardonnés invités à témoigner de la toujours plus vive et actuelle compassion du Seigneur «parce qu’éternelle est sa miséricorde».

LOUANGE
«Mon âme exalte le Seigneur» (Lc 1, 46).

Il est impossible de parler de gratitude et d’encouragement sans contempler Marie. Elle, la femme au cœur transpercé (cf. Lc 2, 35), nous enseigne la louange capable d’ouvrir le regard à l’avenir et de rendre l’espérance au présent. Toute sa vie est condensée dans son cantique de louange (cf. Lc 1, 46-55) que nous sommes aussi invités à chanter comme promesse de plénitude.

Chaque fois que je vais dans un Sanctuaire Marial, j’aime “gagner du temps” en regardant et en me laissant regarder par la Mère, en demandant la confiance de l’enfant, du pauvre et du simple qui sait que là se trouve sa mère et qui est capable de mendier une place dans ses bras. Et au moment où je la regarde, entendre une fois de plus comme l’affirme l’indien Juan Diego: «Qu’y-a-t-il mon fils le plus petit? Qu’est-ce qui rend triste ton cœur? Peut-être ne suis-je pas ici, moi qui ai l’honneur d’être ta mère?»[33].

Regarder Marie, c’est «croire à nouveau dans la force révolutionnaire de la tendresse et de l’affection. En elle nous voyons que l’humilité et la tendresse ne sont pas des vertus des faibles, mais des forts, qui ne nécessitent pas de maltraiter les autres pour se sentir importants»[34].

Et si jamais le regard commence à s’endurcir, ou si nous sentons que la force séductrice de l’apathie ou de la désolation veut s’enraciner et s’emparer du cœur; si le désir de se sentir comme partie vivante et intégrante du Peuple de Dieu commence à déranger et que nous nous sentons poussés vers une attitude élitiste… n’ayons pas peur de contempler Marie et de chanter son cantique de louange.

Et si parfois nous sommes tentés de nous isoler et de nous renfermer en nous-mêmes et dans nos projets en nous protégeant des chemins toujours poussiéreux de l’histoire, ou si la lamentation, la plainte, la critique ou l’ironie s’emparent de nos actions sans aucun désir de se battre, d’espérer et d’aimer…regardons Marie pour qu’elle nettoie notre regard de toute “poussière” qui peut nous empêcher d’être attentifs et éveillés pour contempler et célébrer le Christ qui vit au milieu de son Peuple. Et si nous voyons que nous ne parvenons pas à marcher droit, que nous avons du mal à maintenir nos objectifs de conversion, disons-le comme le demandait, presque avec complicité, ce grand curé, poète aussi, de mon diocèse précédent: «Ce soir, Mère, ma promesse est sincère. Mais au cas où, n’oublie pas de laisser la clé dehors»[35]. «Elle est l’amie toujours attentive pour que le vin ne manque pas dans notre vie. Elle est celle dont le cœur est transpercé par la lance, qui comprend toutes les peines. Comme mère de tous, elle est signe d’espérance pour les peuples qui souffrent les douleurs de l’enfantement jusqu’à ce que naisse la justice… Comme une vraie mère, elle marche avec nous, lutte avec nous, et répand sans cesse la proximité de l’amour de Dieu»[36].

Frères, une fois de plus, «je ne cesse pas de rendre grâce, quand je fais mémoire de vous» (Ep 1, 16) pour votre dévouement et votre mission avec la confiance que «Dieu enlève les pierres les plus dures contre lesquelles viennent s’écraser les espérances et les attentes: la mort, le péché, la peur, la mondanité. L’histoire humaine ne finit pas devant une pierre tombale, car elle découvre aujourd’hui la “Pierre vivante” (cf.1P2, 4): Jésus ressuscité. Nous, comme Eglise, nous sommes fondés sur lui et, même lorsque nous perdons courage, lorsque nous sommes tentés de tout juger sur la base de nos échecs, il vient faire toutes choses nouvelles»[37].

Laissons la gratitude susciter la louange et nous encourager une fois encore dans la mission de consacrer nos frères dans l’espérance. Être des hommes qui témoignent par leur vie de la compassion et de la miséricorde que Jésus seul peut nous offrir.

Que le Seigneur Jésus vous bénisse et que la Sainte Vierge vous protège. Et, s’il vous plaît, je vous demande de ne pas oublier de prier pour moi.

Fraternellement,

François

Donné à Rome, près de Saint Jean de Latran, le 4 août 2019,
Mémoire liturgique du saint Curé d’Ars.

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[1] Lett. ap. Anno iubilari(23 avril 1929) : AAS 21 (1929) 313.

[2] Discours à la Conférence Episcopale Italienne, (20 mai 2019). La paternité spirituelle, qui pousse l’évêque à ne pas laisser orphelins ses prêtres, peut se ‘toucher’ non seulement dans la capacité à laisser leurs portes ouvertes à tous leurs prêtres, mais aussi à aller les chercher pour prendre soin d’eux et les accompagner.

[3] Cf. Jean XXIII, Lett. enc. Sacerdotii nostri primordia, à l’occasion du premier centenaire de la mort du saint Curé d’Ars (1er août 1959): AAS 51 (1959) 548.

[4] Cf. Lettre au Peuple de Dieu (20 aout 2018).

[5] Rencontre avec les prêtres, religieux, consacrés et séminaristes, Santiago du Chili (16 janvier 2018).

[6] Cf. Lettre au Peuple de Dieu qui est en chemin au Chili (31 mai 2018).

[7] Rencontre avec le clergé du diocèse de Rome (7 mars 2019).

[8] Homélie de la Veillée pascale (19 avril 2014).

[9] Exhort. Apost. Gaudete et exsultate, n. 7.

10] Cf. Jorge Mario Bergoglio, Las cartas de la tribulación (Herder, 2019), 21.

[11] Cf. Discours aux prêtres du diocèse de Rome (6 mars 2014).

[12] Retraite à l’occasion du Jubilée des prêtres, Première méditation (2 juin 2016).

[13] A. Spadaro, Interview au Pape François, ‘‘La Civiltà Cattolica’’ 3918 (19 septembre 2013), 462.

[14] Exhort. apost. Evangelii gaudium, n. 137.

[15] Cf. Discours aux prêtres du diocèse de Rome (6 novembre 2014).

[16] Cf. Exhort. apost. Evangelii gaudium, n. 268.

[17] Exhort. apost. Gaudete et exsultate, n. 7.

[18] Cf. Lett. apost. Misericordia et Misera, n. 13.

[19] Exhort. apost. Gaudete et exultate, n. 50.

[20] Ibid., n. 134.

[21] Jorge Mario Bergoglio, Reflexiones en esperanza, (LEV 2013), 14.

[22] Journal d’un curé de campagne, 135, cf. Exhort. apost. Evangelii Gaudium, n. 83.

[23] Cf. Barsanufio, Epistolario, in V. Cutro – Michał Tadeusz Szwemin, Bisogno di paternità, Varsovie, 2018, p. 124.

[24] Cf. L’arte di purificare il cuore, Roma, 1999, p. 47.

[25] Exhort. apost. Evangelii Gaudium, n. 2.

[26] Exhort. Apost. Gaudete et Exsultate, n. 137.

[27] Exhort. apost. Evangelii Gaudium, n. 1.

[28] Ibid., n. 3.

[29] Jorge Mario Bergoglio, Reflexiones en esperanza, (LEV 2013), 26.

[30] Exhort. apost. Evangelii Gaudium, n. 94.

[31] Rencontre avec le clergé, les personnes de vie consacrée et les membres des conseils pastoraux, Assise (4 octobre 2013).

[32] Cf. Exhort. apost. Evangelii Gaudium, nn. 268-270.

[33] Cf. Nican Mopohua, 107.108, 119.

[34] Exhort. apost. Evangelii Gaudium, n. 288.

[35] Cf. Amelio Luis Calori, Aula Fúlgida, Buenos Aires, 1946.

[36] Exhort. apost. Evangelii Gaudium, n. 286.

[37] Homélie de la Veillée Pascale (20 avril 2019).

© Librairie éditrice du Vatican

Prière du mois

15 août, fête de l’Assomption de Marie, fête qui nous rassemble nombreux au milieu de l’été. C’est un jour où nous prions particulièrement pour notre pays. Je vous invite à la prière pour la France.

Demandons au Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie, de faire se lever beaucoup d’hommes et de femmes qui dans leur vie ordinaire vivent pour les autres et avec les autres. Que la fraternité tant désirée devienne une réalité. Qu’elle inspire nos choix personnels et les choix de ceux qui exercent des responsabilités de quel qu’ordre qu’elles soient.

Mgr Georges PONTIER

Découvrez cette prière qui change tous les mois en cliquant sur célébrer/prier

Souvenir d’un spectacle émouvant : “Le chemin du ciel”

Samedi 27 juillet 2019 à 21h30 a eu lieu une représentation en plein air au sanctuaire de Port des Barques (17)

Merci à l’abbé Louis Chasseriau pour sa mise en scène,  à Bruno Rougevin-Baville pour la musique et aux couturières qui ont confectionné les costumes .

Le “Chemin du ciel” conte l’histoire des prêtres et religieux déportés pendant la Terreur  révolutionnaire (1794-1795) ou comment l’estuaire de la Charente est devenu le plus grand cimetière de prêtres au monde :  en un an près de 600 sont morts sur 800 déportés. Ce spectacle émouvant témoigne de la déportation du bienheureux Jean Baptiste Souzy et des 62 prêtres morts sur les  pontons de Rochefort. Béatifiés en 1994 par St Jean Paul II,  ils représentent l’ensemble de leurs confrères et des religieux qui ont donné leur vie pour le Christ, ainsi que, pour la réconciliation nationale qui a suivi la Révolution.

 

 

 

Bande annonce du spectacle 

Télécharger le dossier de presse

 

L’abbé Louis CHASSERIAU célèbre à Rochefort

Dimanche 28 juillet 2019  à 11h en l’église  Notre-Dame de Rochefort, la messe présidée par le père Mickaël Le Nezet curé fut célébrée également par l’abbé,  Louis Chasseriau, 1er chapelain de la paroisse Saint-Louis des Français de Rome, (ordonné le 22 juin à la Rochelle)  en présence et de trois de ses amis,  et par le père Pierre Bigot, prêtre coopérateur.

– lecteur : Pierre Bouquin, diacre, en études au Séminaire pontifical Français de Rome.

– autour du Père Mickaël de gauche à droite : Louis Chasseriau , Yves Olinger, prêtre étudiant du diocèse de Luxembourg, vicaire de la paroisse Sainte-Trinité de Steinsel-Walferdange, et Alexandre Brouillet, diocèse de Tours, prêtre étudiant à la paroisse Saint Jean-Baptiste de Grenelle à Paris

 

 

Joseph TAO prêtre, ce jeudi 11 juillet 2019

Joseph TAO, séminariste vietnamien venu l’an dernier, en stage dans la paroisse de Rochefort, a été  ordonné prêtre,au Vietnam le jeudi 11 juillet 2019.

C’est également dans son diocèse que Joseph a été ordonné diacre en vue du presbytérat  le dimanche 27 janvier 2019.

Joseph reviendra cet automne en Charente Maritime, il sera en paroisse à Rochefort le week-end et  poursuivra en semaine, ses études  à la Rochelle. 

Nous sommes heureux de cette ordination et nous prions pour que son ministère, à la suite du Christ, soit le plus fécond possible.

Soirée de Louange et d’Adoration

Venez adorer et louer le Seigneur le lundi 17 juin à partir de 21h à l’église Saint-Louis (Chapelle Notre-Dame de Lourdes – entrée par la rue Pierre Loti).

Vous avez envie de prier, de rendre grâce à Dieu, de vivre un temps fraternel ? Alors rejoignez la Communauté de l’Emmanuel à l’église Notre Dame à Rochefort pour une soirée de prière et de louange. Venez tout simplement louer, remercier, adorer et prier Jésus.

De 21h à 21h30 : louange – De 21h30 à 22h : adoration

Pas de soirées de louange et d’adoration pendant l’été. Reprise en septembre 2019.

 

Pèlerinage à Lourdes : “Heureux vous les pauvres”

Du 29 juillet au 2 août 2019.  Présidé par Monseigneur Colomb.

Chaque année, nous sommes près de 700 pèlerins dont personnes malades à nous retrouver pour cinq journées de pèlerinage à Lourdes. Prendre tous ensemble le Chemin de Bernadette, tracé par Marie ; Chemin de l’Évangile, annoncé aux pauvres, à travers même la misère, le mal et la boue ; Chemin d’un bonheur au goût de source, qu’il s’agit de partager ; Communion à la vie même de Jésus, qui s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté.

Bulletin d’inscription téléchargeable à retourner avant le 15 juin 2019.

Contact : Service des pèlerinages, Maison diocésaine 80 Cours Genêt, 17100 Saintes  – ☏ 07 72 32 08 28 -pelerinages@diocese17.fr – www.catholiques17.fr

HOSPITALIÈRE, HOSPITALIER, POURQUOI PAS VOUS ?

Venir au service des malades, vivre une expérience fraternelle et forte !
  Contact annie.guiberteau@orange.fr