Homélies du Père Mickaël

HOMÉLIE – Dimanche 15 septembre 2019
(24ème Semaine du Temps Ordinaire — Année C)

📖 Lectures : Ex 32, 7-11.13-14 – Ps 50 (51), 3-4, 12-13, 17.19 – 1 Tm 1, 12-17 – Lc 15, 1-32

Cette succession de paraboles que raconte Jésus nous fait découvrir ce vrai visage de Dieu. Dieu est sans cesse en quête de l’homme, à sa recherche. Désireux que soyons avec Lui, en communion avec Lui. Désireux de nous partager sa vie et sa joie. Car comme l’écrivait St Augustin, « notre cœur est en effet sans repos tant qu’il ne demeure pas en Dieu ». Notre cœur est divisé et même perdu dès qu’il ne demeure plus en Dieu. Nous manquons à Dieu lorsque nous nous trouvons loin de Lui. Mais les paraboles nous aident à percevoir aussi que Dieu ne désespère jamais de nous retrouver, qu’il est patient, qu’il nous attend à l’image de ce père de la parabole attendant son fils qui s’était éloigné de lui. Frères et sœurs, nous comprenons ainsi que notre centre est en Dieu et non en nous-mêmes et que lorsque nous nous éloignons de ce centre, nous nous perdons nous-mêmes. Le fils prodigue de la parabole avait pensé se réaliser en se coupant de son Père, en réclamant la part d’héritage qui lui revenait. Mais il s’est perdu lui-même. C’est ce qui se passe en effet pour tout homme, pour chacun de nous. Lorsque nous voulons faire sans Dieu, nous passer de Lui ou nous mettre à sa place, nous perdons notre centre et nous perdons même la vie. « Car mon fils que voilà était mort » dira le père de la parabole.

Et c’est ainsi que Dieu notre Père va prendre des risques pour nous rejoindre et nous ramener jusqu’à lui. Il ne peut accepter de nous voir loin de lui. Il ne peut accepter que nous nous perdions et que nous perdions la vie. Alors il va nous envoyer son Fils, son unique et son bien-aimé, pour nous sauver, pour nous libérer, pour nous conduire là où est la vie, la vraie vie. « Nul ne va vers le Père sans passer par moi » nous dit le Christ. De nous-mêmes nous sommes incapables de revenir vers Dieu notre Père si lui-même ne vient pas nous chercher comme nous le berger va rechercher la brebis qui s’est perdue. Un peu comme le peuple des hébreux, nous ne mettons pas longtemps à nous écarter du chemin que le Seigneur nous invite à suivre. Nous pouvons nous aussi avoir la nuque raide et nous prosterner devant d’autres dieux. Alors voilà une parole sûre frères et sœurs que nous rapporte saint Paul : « le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ». Lui seul est capable par sa grâce de nous sauver, de nous libérer, de nous conduire là où se trouve la vie qui ne finit pas. Lui seul a cette capacité de nous donner avec abondance la foi et l’amour comme l’exprime saint Paul dans sa lettre à Timothée à condition que nous sachions revenir vers Lui avec humilité, vérité et simplicité comme le fera le fils prodigue de la parabole, comme un enfant revient vers son Père.

Frères et sœurs, le but de la vie chrétienne n’est pas d’abord d’atteindre une perfection morale. Le but, c’est Dieu : l’aimer, le connaître et le servir. Dieu n’est pas une idée, un concept mais avant tout une personne dont la rencontre va bouleverser notre vie. Ainsi, nous sommes nous aussi appelés à vivre en Dieu chaque jour. Il doit avoir la première place dans notre vie. Que nous soyons célibataires ou mariés, laïcs, diacres ou prêtres, Dieu doit être le centre de notre vie, au cœur de toute notre vie, chaque jour, chaque instant au risque, s’il ne l’est pas, de très vite nous détourner de Lui et d’adorer nous aussi d’autres dieux. C’est la mission des prêtres de nous rappeler ce centre, de nous inviter à redonner à Dieu toute la place qu’il doit avoir dans nos vies. Dans la célébration des sacrements, dans la proclamation et la prédication de la Parole, les prêtres donnent au peuple de Dieu, le Christ Ressuscité venu pour nous sauver et nous donner la vie. Ils nous transmettent la grâce du Christ, sa force et son amour capable de changer les cœurs et d’apporter la joie, celle que rien ni personne ne peut enlever. Ils nous rappellent aussi avec les diacres que le Christ a pris le visage des plus pauvres et des plus fragiles rappelant ainsi où se trouve l’essentiel.

La mission peut paraître lourde. Et nous pouvons nous sentir si pauvre, si fragile devant une telle mission. Mais nous n’oublions pas que notre capacité vient de Dieu et non de nous-mêmes. J’aime souvent redire que Dieu n’appelle pas des gens capables mais qu’il rend capable ceux qu’il appelle à condition que ceux-ci se tournent humblement chaque jour vers Celui qui leur donne sa force. Ainsi, tout ministère ne peut se vivre sans la prière et ne peut s’exercer qu’avec humilité.

Frères et sœurs, prions pour ceux qui vont être ordonnés aujourd’hui et soyons plein de joie et de gratitude pour le don qui nous est fait aujourd’hui. Il est fidèle Celui qui a promis. Nous rendons grâce à Dieu. Amen

Père Mickaël Le Nezet

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