Homélies du Père Mickaël

 Dimanche 5 juillet 2020 -14 ème dimanche du temps ordinaire-

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau.. Mt 11, 28

  • Lecture du prophète Zacharie (9, 9-10)
  • Psaume : 144 (145)
  • Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (8, 9. 11-13)
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 25-30)

Homélie

«  Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et je vous procurerai le repos » dit le Seigneur. Nous entrons dans cette période estivale qui se veut être justement un temps de repos. Nous y entrons dans un contexte qui reste particulier et après des mois de questionnements, d’épreuves et de difficultés. Et nous savons que les prochains mois ne seront pas forcément plus simples pour beaucoup à commencer par tous ceux qui seront touchés par les difficultés économiques et professionnelles.

« Voici le Seigneur qui vient à toi » proclame le prophète Zacharie dans la première lecture. Dans ces temps que nous vivons, nous avons cette assurance que le Seigneur vient à nous, qu’il ne nous abandonne pas, qu’il ne nous laisse pas seuls.

C’est une chance inouïe qui nous est donnée. Le Seigneur ne cesse pas de venir jusqu’à nous. Il nous rejoint par sa Parole que nous pouvons méditer jour après jour. Elle est vraiment une nourriture et nous pouvons profiter de ces temps d’été pour nous laisser rejoindre par elle.

Il nous rejoint aussi par les sacrements célébrés en Eglise. Nous goûtons sa présence, nous la laissons agir en nous comme une pluie de grâce. C’est une grâce en effet. L’essentiel est là dans cette présence efficace, agissante de Jésus dans nos vies. Le prophète Zacharie nous l’annonce, cette Présence donne la paix, fait taire en nous toutes guerres que nous pouvons mener contre nous-mêmes et contre les autres. Il est doux et humble de cœur lisons-nous encore dans l’Evangile.

Mais il y a un chemin pour pouvoir vivre ainsi et recevoir toutes ces grâces. Nous pouvons en effet savoir cela, en avoir une certaine connaissance mais sans que cela nous atteigne vraiment. C’est alors que nous devons entendre la première partie de l’évangile de ce jour : « ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » Les sages et les savants dont nous parle Jésus sont ceux qui avaient la connaissance intellectuelle des choses de Dieu mais dont la connaissance n’a jamais pu rejoindre leur cœur. Elle est restée une leçon apprise, quelque chose de cérébrale. Les tout-petits, que l’on appelle aussi les anawim, les pauvres de Dieu, eux-seuls peuvent en effet entrer vraiment dans cette intimité avec le Seigneur, goûter aux vraies joies de Dieu.

Le pape François l’exprime d’une manière si belle et si simple dans l’exhortation christus vivit : « Si tu parviens à apprécier avec le cœur, la beauté de cette nouvelle, et que tu te laisses rencontrer par le Seigneur, si tu te laisses aimer et sauver par lui, si tu entres en amitié avec lui et commences à parler avec le Christ vivant des choses concrètes de ta vie, tu feras la grande expérience, l’expérience fondamentale qui soutiendra ta vie chrétienne. Parce qu’à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre d’un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. » (CV 129)

Comme je le notais dans un commentaire cette semaine, il nous faut apprendre à nous approcher comme un enfant du Seigneur notre Dieu. Jésus nous le dit en effet dans l’évangile, « personne ne connaît le Père sinon le Fils ». Nous devons apprendre à vivre comme des fils, comme des enfants et nous précipiter en toute circonstance dans les bras de Dieu, lui parler, nous confier à lui, lui exprimer nos attentes, nos soucis, nos joies et nos peines, devenir des familiers du Seigneur. Il doit être au centre de nos vies et non aux périphéries comme le dimanche uniquement ou seulement à des moments précis de nos journées.

Nous devons apprendre à marcher avec lui, à avancer, à penser et à réfléchir, à agir et décider avec lui, à tout instant de nos journées. C’est cela le petit de Dieu, celui qui ne peut plus faire sans Lui car avec Lui tout devient alors possible. C’est une démarche d’humilité en effet que de penser et de croire que tout seul nous n’y arriverons pas et que nous avons besoin de nous tourner vers plus fort que nous. Car dit encore saint Paul dans la deuxième lecture, si nous vivons en effet selon la chair, c’est-à-dire uniquement en nous appuyant sur nous-mêmes nous allons mourir, nous allons nous décourager, baisser les bras, nous lasser et nous fatiguer mais si nous vivons par l’Esprit de Jésus, sous l’inspiration de Jésus qui lui était tout tourné vers son Père en toute circonstance, alors nous vivrons.

Alors mes amis, encore une fois, essayons avec le Christ, acceptons d’envisager les choses par Lui, avec Lui et en Lui et nous découvrirons cette joie et cette paix qui nous accompagneront dans toutes les situations de nos vies. Ouvrez donc grandes les portes de votre cœur au Christ, il n’enlève rien et nous donne tout, bien au-delà même de ce que nous pouvons imaginer. Amen

Père Mickaël, curé

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