Homélies du père Mickaël

Dimanche 27 novembre 2022 – 1er dimanche de l’Avent

“Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra” Matthieu 24, 44.

  • Lecture du livre du prophète Isaïe (2, 1-5)
  • Psaume : 121  (122)
  • Lecture de la  lettre de saint Paul apôtre aux Romains (13, 11 – 14a).
  • Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (24, 37-44)

HOMELIE

« Venez ! montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob ! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. » Voilà l’invitation que nous recevons en ce 1er dimanche de l’Avent. Et elle tombe bien cette invitation en ce début d’année liturgique. Elle a le goût des commencements, d’un nouveau départ après des semaines agitées, éprouvantes.

 « Venez, montons à la montagne du Seigneur ». C’est tout d’abord une invitation à prendre de la hauteur. Noé lui-même, nous dit Jésus, a pris de la hauteur en entrant dans l’arche. En construisant cette arche, Noé pouvait être à l’abri du déluge.

Cette arche était un lieu de sécurité pour lui, protégé des flots en furie, un lieu de réconfort et de paix. Cette arche a permis à Noé de rester en vie, non seulement lui, mais aussi sa femme, sa famille et toutes les espèces d’animaux, assurant ainsi la pérennité de l’humanité. L’arche que nous pouvons considérer être la maison de Dieu devenait ainsi un signe d’espérance, une promesse de vie. Nous aussi nous rencontrons dans nos vies bien des tourments et des contre-courants.

 Nous aussi nous risquons parfois de nous laisser engloutir par le flot des difficultés, des contrariétés et des épreuves. Nous aussi nous avons souvent besoin de prendre de la hauteur. Prendre de la hauteur est toujours nécessaire pour savoir faire la différence entre l’essentiel et l’accessoire, entre le superflu et le nécessaire, entre ce qui a de l’importante et ce qui en a moins. Au fond, aujourd’hui encore le Seigneur nous offre une arche pour nous protéger, pour nous garder en vie, pour nous réconforter. Cette arche c’est Celui que nous accueillerons au soir de Noël, le seul capable de vraiment combler notre vie, de nous apporter le réconfort et la paix véritables. Celui qu’en ce temps de l’Avent nous appelons Emmanuel, Dieu avec nous. « Alors venez, montons à la montagne du Seigneur. »

Prenons ce temps de l’Avent comme le moment favorable pour nous approcher du Seigneur qui vient.

Mais il ne s’agit pas seulement de prendre de la hauteur. Généralement on gravit une montagne pour observer, pour voir plus loin. D’où l’invitation à la vigilance dans l’Evangile. « Veiller » nous dit Jésus. Cette parole me fait penser à ce beau passage dans le livre d’Habacuq.

Le prophète nous livre cette parole : « Je vais me tenir à mon poste de garde, rester debout sur mon rempart, guetter ce que Dieu me dira, et comment il répliquera à mes plaintes. Alors le Seigneur me répondit : Tu vas mettre par écrit une vision, clairement, sur des tablettes, pour qu’on puisse la lire couramment. Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, sans retard. »

Je rencontre tellement de personnes qui traversent des moments de doute, de remise en question, de désolation et qui attendent un signe, une vision, une réponse de la part du Seigneur. Et parfois elles s’impatientent, baissent les bras, se découragent. Le pape François dans sa catéchèse du mercredi a rappelé que ces temps de désolation provoquent un ébranlement de l’âme, nous tiennent en alerte, favorisent la vigilance et l’humilité et nous protège des vents du caprice. Il est donc important nous dit-il de profiter de ces moments de la vie pour construire notre relation avec Dieu et avec les autres. Car, selon le successeur de Pierre, la désolation, considérée comme une « secousse » a été pour de nombreux saints et saintes, hommes et femmes, une impulsion décisive pour changer leur vie. C’est dans cette perspective qu’il a appelé à la sérénité et au calme dans la période de désolation.

En la comprenant et la prenant ainsi elle sera pour nous une opportunité de grandir, d’entamer une relation plus mûre, plus belle avec le Seigneur et avec les personnes qui nous sont chères.

Le temps de l’Avent est ce temps pour veiller sur notre relation avec Dieu et avec les hommes, un temps pour prendre ainsi soin de notre relation avec le Seigneur dans la prière, dans l’écoute et la partage de sa Parole mais aussi pour prendre soin les uns des autres, nos proches, nos amis et les membres de notre communauté paroissiale. C’est d’ailleurs une des orientations de notre doyenné. Prendre soin des plus petits, des plus fragiles, des isolés, des malades.

Ce temps de l’Avent est aussi le moment favorable pour nous revêtir du Seigneur Jésus comme nous en parle saint Paul.

« Quelle joie quand on m’a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! » Oui frères et sœurs ce temps qui s’ouvre à nous est un temps de joie et une joie qui va grandir au fur et à mesure que nous approcherons de la fête de Noël et que nous répondrons à l’appel du Seigneur à prendre soin de Lui, à prendre soin des autres. « Venez donc et marchons à la lumière du Seigneur. » Amen

Père Mickaël curé

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