Homélies du Père Mickaël

Dimanche 22 novembre 2020 -34ème dimanche du temps ordinaire – Fête du Christ Roi de l’univers

Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait“. Matthieu 25, 40

  • Lecture du prophète Ézéchiel (34, 11-12. 15-17)
  • Psaume 22 (23)
  • Lecture de la  première lettre de saint Paul apôtre  aux Corinthiens  (15, 20-26. 28)
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (25, 31-46)

Homélie

En cette fête du Christ Roi qui termine l’année liturgique nous voici invités à rendre grâce pour ce don merveilleux reçu de Dieu notre Père : Jésus Christ.

La première lecture nous permet de confesser que c’est bien le Christ le premier qui prend soin de nous. A nous qui avons faim et soif de vérité et de vie, il se donne à nous en nourriture par sa Parole et par son Corps et son Sang. A nous qui sommes nus de nos pauvretés et de notre péché, il nous couvre de sa tendresse et de sa miséricorde. A nous qui sommes faibles, malades ou pour qui le fardeau est bien lourd, il vient nous guérir par le baume précieux qu’est l’onction de son amour. A nous qui sommes parfois prisonniers de notre passé, de nos erreurs ou de nos échecs, il vient nous libérer par la puissance de son Esprit Saint.

Le psaume 22 l’exprime si bien, le Seigneur est notre berger, rien ne saurait nous manquer. « Le Seigneur fait tout pour moi, n’arrête pas l’œuvre de tes mains » chante encore le psalmiste soulignant ainsi la certitude d’être dans la main de Dieu. (Ps 137, 8)

Ainsi s’interroge saint Paul : « qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? La détresse ? L’angoisse ? La persécution ? La faim ? Le dénuement ? Le danger ? Le glaive ? Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. » (Rm 8, 35.37) Comme il est bon de savoir que nous pouvons toujours nous tourner vers notre Seigneur Jésus, notre Roi et qu’il sera toujours là pour nous ouvrir les bras, pour prendre sur lui nos vies éprouvées, fatiguées, pour nous relever et nous sauver. « Il est avec nous le Seigneur de l’univers, citadelle pour nous le Dieu de Jacob ». (Ps 45,8) Gloire à Dieu !

Comme l’écrit le pape François dans son exhortation sur la sainteté : « Pour que nous soyons parfaits comme il le désire, nous devons vivre humblement en sa présence, enveloppés de sa gloire ; il nous faut marcher en union avec lui en reconnaissant son amour constant dans nos vies. Il ne faut plus avoir peur de cette présence qui ne peut que nous faire du bien. Il est le Père qui nous a donné la vie et qui nous aime tant. Une fois que nous l’acceptons et que nous cessons de penser notre vie sans lui, l’angoisse de la solitude disparaît. » (GE 51)

Dans son exhortation Evangelii Gaudium le pape François écrit aussi que celui qui «a vraiment fait l’expérience de l’amour de Dieu qui le sauve, il n’a pas besoin de beaucoup de temps de préparation pour aller l’annoncer, il ne peut pas attendre d’avoir reçu beaucoup de leçons ou de longues instructions ». (EV 120)

Si nous avons en effet été touchés par cette présence de Jésus à nos côtés, si nous avons fait personnellement l’expérience de son amour qui nous fait vivre, qui nous relève et nous fait tenir au-delà même des difficultés que nous pouvons rencontrer, alors nous devrions en effet avoir souci de celles et ceux qui n’ont pas encore découvert cela, découvert qu’ils sont aimés de Dieu notre Père et qu’ils ont du prix à ses yeux. Non seulement le leur dire mais qu’à travers nos actes de charité, nos œuvres de miséricorde, ils puissent le sentir vraiment, ils puissent le comprendre non seulement intellectuellement mais même physiquement, charnellement. « L’amour de Dieu nous presse. » (2 Co 5, 14) Il s’agit ainsi de devenir ce que je contemple pour les hommes et femmes de ce temps disait saint Augustin.

On oppose parfois la contemplation et l’action alors que c’est bien de cette contemplation du Christ, le Roi de l’univers, du don de sa vie pour nous que doit jaillir notre manière d’être et de faire au milieu des hommes. L’amour que nous avons à partager vient d’abord et avant tout de cet Amour premier, contemplé et reçu, parce qu’en le contemplant ainsi dans nos propres vies, nous apprenons à Lui ressembler chaque jour un peu plus et à rayonner celui qui nous aime.

Et justement, on raconte qu’un jour le père Abbé d’un monastère décida d’aller rencontrer un vieil ermite dans la montagne ne sachant plus comment réveiller sa communauté endormie et divisée. L’interrogeant sur ce qu’il fallait faire, le vieux sage lui répondit : « je vais te dire un secret, mais tu ne pourras le dire qu’une seule fois à ta communauté : le Christ est au milieu de vous. »  Le père Abbé arrivé au monastère rassembla sa communauté en leur disant : « voilà le secret que le vieil ermite m’a transmis mais une fois que je vous l’aurai dit, vous ne pourrez plus en parler entre vous, vous devrez garder le silence : l’un de vous est le Christ. »

Et à partir de ce jour-là on vit la communauté se transformer, les frères se regarder avec respect en prenant soin les uns des autres avec amour. Et cette communauté retrouva non seulement la paix et l’unité mais elle commença à rayonner dans les contrées voisines.

Cette petite histoire rejoint l’évangile de ce jour. Oui au milieu de nous se tient le Christ.

Il est celui ou celle que je rencontre devant chez moi, celui ou celle qui est visité à l’hôpital ou dans sa maison, celui que l’équipe d’aumônerie de la prison rencontre chaque samedi, ce jeune scolarisé…la liste serait longue. Lorsque je commence à me dire en effet que l’autre peut être le Christ alors je commence à changer mon regard, mon jugement sur lui, ma disponibilité, mon engagement pour lui. Et cela change tout. Tel est l’acte de foi que nous devons poser : le Christ, le Roi de l’univers est au milieu de nous. Saurons-nous le reconnaître ? Qui sait, nous l’avons peut-être croisé aujourd’hui ! Amen

Père Mickaël, curé

Pour retrouver, télécharger et relire une des dernières homélies du Père Mickaël, cliquez ci-dessous, sur la date de votre choix  :