Homélies du Père Mickaël

HOMÉLIE – Dimanche 10 novembre 2019
(32e dimanche du temps ordinaire — Année C)

📖 Lectures : 2 Mat. 7, 1-2.9-14  / Ps 16 (17), 1ab.3ab, 5-6, 8.15 / 2 Thess. 2, 16 – 3, 5 / Luc 20, 27-38

En écoutant dans cette page d’Évangile les questions posées à Jésus par les sadducéens, je me disais qu’il y a des débats, des échanges et des discussions qui ne conduisent pas à grand-chose sinon qu’à faire plaisir à ceux qui les engagent. Que de discussions stériles, de bavardages inutiles qui ne font pas avancer le Royaume de Dieu. Cela est aussi vrai dans l’Église et dans nos communautés chrétiennes. Que d’énergies dépensées et parfois même de disputes, de prises de têtes pour des choses qui n’en valent pas la peine. Il y a une question à se poser, une seule, il y a une préoccupation à porter dans nos communautés chrétiennes, une seule, que la Parole du Seigneur poursuive sa course, nous dit saint Paul dans sa lettre aux Thessalonicien. Est-ce qu’aujourd’hui encore nous faisons en sorte que la Parole du Seigneur circule en tout lieu, en tout milieu à commencer par nos propres cœurs. Et puisque nous savons que cette Parole du Seigneur, c’est Jésus lui-même, sommes-nous vraiment au service de cette Bonne Nouvelle du Christ mort et ressuscité venu pour nous sauver. Telle est la mission qui doit nous préoccuper frères et sœurs. Toutes nos énergies, nos réunions, nos discussions, nos échanges doivent être orientés par cette préoccupation que Jésus Christ soit aujourd’hui encore annoncé, célébré et servi. Tout le reste n’est que secondaire. Car le plus important en effet c’est que tout homme, toute femme, tout jeune puissent découvrir que Jésus Christ est le chemin qui conduit à la vraie vie, qu’il est capable de changer nos cœurs et de nous donner la vraie joie et le vrai bonheur.

« Car avoir connu Jésus nous dit le pape François n’est pas la même chose que de ne pas le connaître. Marcher avec Jésus n’est pas la même chose que marcher à tâtons. Pouvoir écouter ou ignorer sa Parole n’est pas la même chose. Pouvoir le contempler, l’adorer, se reposer en lui, ou ne pas pouvoir le faire n’est pas la même chose. Essayer de construire le monde avec son Évangile n’est pas la même chose que de le faire seulement par sa propre raison. » (EG 266). Oui frères et sœurs, croire en Jésus a des conséquences pour nos vies.

Croire en Jésus mort et ressuscité nous ouvre à la foi car tout le monde n’a pas la foi nous dit Saint Paul. Et cet appel s’enracine dans l’affirmation de Jésus dans l’évangile de ce jour : nous sommes les enfants de Dieu. Cela signifie que nous avons un Père, lent à la colère et plein d’amour. Nous avons un Père qui nous aime et qui ne se lasse pas de nous aimer malgré nos infidélités et nos limites. Nous avons un Père qui nous est fidèle comme l’écrit saint Paul. Il ne cesse pas de nous chercher lorsque nous nous perdons, de nous attendre lorsque nous nous éloignons de lui, de nous relever et de nous pardonner quand nous tombons. Nous avons un Père qui veut nous protéger du Mal, réconforter nos cœurs et nous affermir en toute chose. Nous avons un Père qui nous a envoyé son Fils, le premier d’une multitude de frères pour nous sauver. Telle est notre foi, comme un acte de confiance que nous posons chaque jour.

Car croire en Jésus mort et ressuscité nous donne de l’espérance et même, nous dit saint Paul, au-delà de toute espérance (Rm 4, 18). Et cette espérance s’enracine dans cette affirmation de Jésus dans l’évangile de ce jour : nous sommes des enfants de la résurrection. Notre espérance se fonde sur le Christ mort et ressuscité. Cela non seulement signifie que notre vie n’avance pas vers le néant, vers l’absurde, mais qu’elle est appelée à une plénitude de vie qui va delà de la mort, mais qu’aujourd’hui déjà, en vivant du Christ, par les sacrements, dans une vie de prière et de contemplation, dans une écoute de sa parole, le regard tourné vers lui, je peux recevoir et vivre d’une puissance de vie capable de m’aider à traverser les épreuves et les difficultés. Car Christ a tué la haine et a vaincu la mort pour toujours. Cette espérance oriente ainsi nos vies ici-bas.

Car croire en Jésus mort et ressuscité nous pousse en effet alors à aimer, et ainsi nous conduit à la charité. Et cet appel s’enracine dans l’affirmation de Jésus dans l’évangile de ce jour : ceux qui sont appelés au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari. En fait Jésus nous dit que si nous sommes dans cette espérance alors nous nous reconnaissons dès aujourd’hui non plus comme des étrangers, des inconnus, des concurrents, des opposants, des adversaires, mais comme des frères et des sœurs. Et ce ne sont pas que des mots, comme une utopie. Car dans la Vie Nouvelle à laquelle nous sommes tous appelés, nous serons vraiment comme des frères et des sœurs et ainsi nous devenons dès aujourd’hui responsables les uns des autres à commencer par les plus fragiles et les plus pauvres, qu’ils prennent la figure du migrant, du SDF, d’une personne handicapée ou d’une personne isolée. Et voilà pourquoi saint Paul dans la deuxième lecture encourage la communauté à faire le bien. Car au soir de la résurrection une seule question nous sera posée : « qu’as-tu fait de ton frère ? ».

Frères et sœurs, nous ne sommes pas chrétiens d’abord pour une satisfaction personnelle, pour un confort spirituel. Nous ne pouvons pas être simplement des consommateurs de religion. Si nous nous retrouvons dans cette assemblée Eucharistique et si nous confessons notre foi ce n’est que pour mieux repartir dans nos lieux de vie pour annoncer Jésus Christ, pour le célébrer et le servir par une manière d’être, une manière de vivre et de considérer celles et ceux qui nous entourent. « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » dira saint Paul ! C’est la mission des enfants de la Résurrection. C’est une mission si importante et si précieuse puisqu’il s’agit d’encourager, de fortifier, de soutenir l’espérance des hommes, leur foi et leur charité et qu’ainsi la Parole de Dieu poursuive sa course. La mission peut nous paraître difficile pourtant saint Paul nous invite à la confiance par une phrase courte, efficace et vraie : « Le Seigneur lui est fidèle ! ». Prions ainsi pour que notre communauté chrétienne poursuivre l’œuvre qui lui a été confiée. Amen

Père Mickaël, curé

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