Homélies du père Mickaël

Dimanche 26 juin 2022 – 13ème dimanche du temps ordinaire

” Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu.Luc 9, 60.

  • Lecture du premier livre des Rois (19, 16b. 19-21)
  • Psaume : 15 (16)
  • Lecture de la lettre de St Paul apôtre aux Galates (5,1. 13-18)
  • Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (9, 51-62)

Homélie

 L’évangéliste Luc nous dit que Jésus, le visage déterminé, prend la route de Jérusalem. Il n’y a pas d’hésitation chez lui. Il n’y a rien qui puisse faire obstacle à sa mission.

Il n’y a rien qui puisse l’empêcher d’accomplir ce que le Père lui a donné à faire. Nous sommes témoins ici de cette liberté intérieure du Christ. Celui qui nous veut libre, pour reprendre les termes de saint Paul dans la deuxième lecture, est lui, le premier, un homme libre. Il est libre de toutes contraintes extérieures.

 Il est libre même face aux oppositions, aux affrontements, à ceux qui veulent l’empêcher d’accomplir sa mission, comme les Samaritains qui refusent de l’accueillir.

Il est encore libre de toutes attaches matérielles. « Il n’a pas où reposer la tête » et il l’inclinera seulement le jour où il aura accompli sa mission, sur la Croix. Mais c’est bien cette liberté qui lui donne une force intérieure, une assurance et le rend si déterminé. Cette liberté, le Christ Jésus la reçoit de cette relation filiale avec son Père, de son attachement à son Père des cieux. Et le psaume 15 que nous venons de prier nous l’exprime merveilleusement. Dans ce cœur à cœur avec Dieu, son Père, Jésus reçoit cette disposition intérieure pour accomplir jusqu’au bout sa mission. « J’ai fait de toi mon refuge ; de toi dépend mon sort. »

Dans l’intimité de cette relation filiale, il trouve les forces indispensables pour ne pas faillir, surtout au moment des événements éprouvants qu’il traversera. « Tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption. Ma chair elle-même repose en confiance. »

 Dans ce tête à tête confiant avec son Père, le Christ trouve son véritable bonheur, le chemin de son épanouissement, la réalisation de son ministère. « Je n’ai d’autre bonheur que toi. Tu m’apprends le chemin de la vie. » Et c’est ainsi que Jésus est libre, libre pour annoncer la Bonne Nouvelle, libre pour aimer, libre pour servir, libre pour se donner jusqu’au bout à ceux qu’il aime.

L’écrivain Christian Bobin écrit : « Si on veut connaître un homme, il faut chercher celui vers lequel sa vie est secrètement tournée, celui à qui, de préférence à tout autre, il parle, même quand apparemment il s’adresse à nous. Tout dépend de cet autre qu’il s’est choisi. Tout dépend de celui auquel il s’adresse en silence, pour l’amour duquel il a fait de sa vie ce qu’elle est. » (Christian Bobin, Le Très Bas). Jésus a choisi de demeurer dans l’amour de son Père. C’est là qu’il se réalise, qu’il est lui-même et qu’il peut alors se donner pleinement, totalement.

C’est à cette même liberté que nous sommes appelés, frères et sœurs, nous rappelle saint Paul dans la deuxième lecture. La vocation de l’homme c’est d’aimer, de servir, de se donner. C’est là que tout homme se réalise et qu’il devient lui-même ; le contraire du repli sur soi, de l’égoïsme et du chacun pour soi. « Car toute la loi est accomplie dans l’unique parole : tu aimeras ton prochain comme toi-même » écrit saint Paul.

 Mais nous faisons l’expérience chaque jour combien cette invitation est difficile, exigeante, parfois-même éprouvante. Et l’Évangile nous le rappelle. L’urgence de l’amour, du service, du don de soi est souvent arrêtée par nos limites et nos fragilités, par nos manquements à l’amour, par nos difficultés à vivre en harmonie les uns avec les autres. Regardez Jacques et Jean qui rêveraient que le feu tombe du ciel sur les Samaritains inhospitaliers. saint Paul n’est pas dupe, lui non plus, des relations humaines capables de conduire à s’entre tuer, à s’écharper, à se blesser, ne serait-ce que par des mots, des jugements hâtifs, des regards blessants.

 Voilà pourquoi saint Paul nous encourage à marcher sous la conduite de l’Esprit Saint et ainsi nous ne risquerons pas de nous laisser perturber par les convoitises de la chair, nous ne serons pas dominés par nos fragilités et nos limites. Il n’y a donc pas de doute possible. C’est à cette même qualité de relation filiale entre Jésus et son Père que nous sommes appelés.

Nous n’avons pas d’autre alternative que de choisir de vivre, dans l’Esprit de Jésus, comme les enfants de Dieu notre Père. Car, en effet, chante le psalmiste, si je garde le Seigneur devant moi sans relâche, s’il est à ma droite, je suis inébranlable. Et même, mon cœur exulte et mon âme est en fête.

 Nous devons apprendre à soigner notre vie spirituelle et pas uniquement de temps en temps, mais chaque jour. Nous devons apprendre à revenir au Seigneur, jour après jour, pour recevoir ce qu’il veut nous donner, pour vivre notre quotidien avec lui. « Devant ta face débordement de joie. »

 Nous devons nous reposer en lui en toute circonstance pour demeurer dans la paix et la confiance. « Je n’ai de repos qu’en lui seul, mon salut vient de Dieu », « ma chair elle-même repose en confiance. »

Alors accueillons encore cette invitation du Seigneur : « Suis-moi » et répondons-y avec confiance. »  Amen

Père Mickaël, curé

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