Homélies du père Mickaël

Dimanche 5 février 2023  – 5ème dimanche ordinaire.

“On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau Matthieu 5, 15.

  • Lecture du livre du prophète Isaïe (58, 7-10)
  • Psaume : 111  (112)
  • Lecture de la première lettre de saint  Paul apôtre aux Corinthiens  (2, 1-5).
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 13-16)

HOMELIE

Le passage de la lettre de saint Paul aux Corinthiens que nous venons d’entendre, à bien y réfléchir est assez surprenant. St Paul exprime devant cette communauté les sentiments de peur qui l’ont habité au moment où il se rendait chez eux : « C’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant que je suis arrivé chez vous » écrit-il. Lui, Paul, l’apôtre des nations, celui qui a permis que l’Evangile soit annoncé à toutes les nations écrit encore : « Je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage humain ou de la sagesse ».

Au fond, nous comprenons que la force de St Paul, ce n’est pas ce qu’il est, lui, ce n’est pas sa personne. D’ailleurs il l’exprimera encore dans sa deuxième lettre aux Corinthiens : « Si je voulais me vanter, ce ne serait pas folie, car je ne dirais que la vérité. Mais j’évite de le faire, pour qu’on n’ait pas de moi une idée plus favorable qu’en me voyant ou en m’écoutant (…) C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure. » (2 Co 12, 6.9)

La force de St Paul ne repose ni sur ses compétences, ni sur son éloquence, ni sur son savoir, ou même son autorité. La force qui anime Paul, c’est sa foi ! C’est son amour du Christ ! C’est cette relation personnelle entretenue avec le Christ. L’assurance, l’audace missionnaire de saint Paul, ne viennent pas de lui mais bien de Dieu.

C’est parce que Paul a accepté de remettre sa vie dans les mains de Dieu, c’est parce qu’il a accepté d’entrer non plus dans son projet mais dans le projet de Dieu qu’il a reçu les grâces nécessaires pour témoigner de Lui. C’est dans la fidélité première au Christ que la puissance de Dieu a pu se déployer dans la faiblesse de Paul empêchant alors Paul de s’enorgueillir des résultats de sa mission. Si la vie et la parole de Paul avaient autant de saveur, autant de goût pour celles et ceux qui l’écoutaient c’est parce que Paul vivait à la suite du Christ véritablement comme un fils de Dieu. L’efficacité de la mission de Paul reflète la qualité de sa vie intérieure, simple serviteur aussi fragile qu’un vase d’argile.

« Vous êtes la lumière du monde. Vous êtes le sel de la terre. » Mais nous serons lumière pour le monde seulement si nous sommes nous-mêmes éclairés par la Lumière qu’est le Christ Jésus. L’efficacité de la mission, s’il faut parler d’efficacité, ne repose pas d’abord sur des compétences particulières mais sur la qualité de notre vie intérieure. Ce qui est en jeu, pour chacun de nous, c’est notre désir de vivre à la suite du Christ, de devenir les familiers du Christ, de faire grandir toujours plus notre relation personnelle avec le Christ.

L’Évangile ne portera des fruits que si nous commençons nous-mêmes à nous laisser éclairer par cette parole vivante de Dieu. Nous ne serons des témoins crédibles de l’Evangile de Dieu que si nous-mêmes nous nous laissons interpeller et sans doute aussi bousculer par la Parole de Dieu. Nous serons sel de la terre seulement si nous nous laissons « saler par le feu » comme le dit Jésus (Mc 9, 49), c’est-à-dire si nous nous laissons conduire, guider par l’Esprit de Jésus. Nous ne donnerons le goût de Dieu que si nous avons le goût des autres, dans une réelle présence auprès des plus petits et des plus pauvres, dans une attention aux souffrants, aux isolés, aux exclus, aux mal aimés. Si tu agis ainsi, écrit le prophète Isaïe, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi.

Nous avons trop facilement tendance à rejeter la faute sur la société pas assez ouverte, pas assez accueillante à l’Evangile, trop intolérante, trop consumériste, trop individualiste. La réalité est bien plus complexe que cela, nous le savons bien. Interrogeons-nous plutôt sur notre propre responsabilité. Que donnons-nous à voir et à entendre de l’Evangile dans nos manières de vivre ? Comment laissons-nous l’Evangile nous transformer ?

Quelle place choisissons-nous de laisser au Christ dans notre quotidien, en dehors du dimanche ? Nous percevons bien la conversion à laquelle nous sommes tous appelés. C’est de ce que nous vivons de la foi au Christ, réellement et concrètement, de notre propre témoignage de foi et de vie que Dieu touchera le cœur des hommes. Puisque, nous dit encore Jésus dans l’évangile, « Voyant ce que vous faites de bien, les hommes rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » Notre responsabilité est grande, frères et sœurs, nous le comprenons encore mieux aujourd’hui. Prions donc notre Seigneur pour que nous ne nous dérobions pas à son appel. Amen

Père Mickaël, curé

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