Paris, le 13 février 2026
La proposition de loi sur l’« aide active à mourir », après avoir été rejetée par le Sénat, revient à l’Assemblée nationale ce lundi 16 février, avec un vote solennel prévu le mardi 24 février. Ce texte, qui introduit dans la législation française des mesures d’euthanasie et de suicide assisté, suscite de nombreuses inquiétudes. Parmi les dispositions les plus controversées figurent l’absence de clause d’établissement et la création d’un délit d’entrave. Même la loi sur les soins palliatifs, qui avait bénéficié d’un large consensus, se trouve aujourd’hui fragilisée, notamment avec la suppression de la mesure visant à créer des maisons de soins palliatifs.
Loin de l’unanimité espérée par certains, le débat sur la fin de vie polarise la société et suscite de vives oppositions, en particulier parmi les soignants, les patients, les personnes âgées ou en situation de handicap. Les évêques de France se sont largement exprimés sur le sujet, rappelant avec force la dignité inaliénable de toute vie humaine et l’importance d’accompagner la vie jusqu’au bout. Comme ils le soulignent : « On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort. »
Un appel spirituel en pleine période de Carême
Pour répondre à ces enjeux, les évêques de France, en communion avec le pape Léon XIV, qui appelle à « défendre la dignité intrinsèque de toute personne humaine alors même que notre monde peine à trouver une valeur à la vie humaine, même en sa dernière heure », invitent les catholiques qui le souhaitent à une journée de prière et de jeûne le vendredi 20 février, premier vendredi de Carême.
L’objectif de cette initiative n’est pas simplement politique : il s’agit d’un temps de réflexion et de conversion, où chaque fidèle est invité à demander au Seigneur d’éclairer les consciences et de renforcer l’engagement de la société envers la vie humaine et le développement des soins palliatifs.
Cette démarche spirituelle prend tout son sens dans le contexte du Carême, période de prière et de jeûne qui prépare à la fête de Pâques. Les évêques insistent sur le fait que la protection de la vie humaine ne peut pas se réduire à un débat législatif, mais doit être vécue dans la société par des gestes concrets de respect, d’accompagnement et de solidarité avec les plus fragiles.
Relais dans les diocèses et paroisses
Les évêques demandent que cet appel soit largement relayé dans tous les diocèses et lu dans les paroisses, notamment à l’occasion des messes dominicales du week-end précédant le 20 février ou de la Messe du Mercredi des Cendres. L’initiative vise à rassembler les fidèles dans un temps de prière, de jeûne et de réflexion, afin que chacun puisse prendre conscience de l’importance des enjeux éthiques et humains liés à la fin de vie.
Un débat sociétal majeur
Ce débat sur la fin de vie est l’un des plus sensibles de ces dernières années. Il polarise les opinions au sein de la société et met en lumière des questions fondamentales : le respect de la dignité humaine, le rôle de l’État, la place des soins palliatifs, et la manière d’accompagner les personnes en souffrance. Les évêques rappellent que la loi ne doit pas ouvrir la porte à la mort provoquée, mais favoriser un accompagnement humain et digne jusqu’au terme naturel de la vie.




